Energies renouvelables, promesses et réalités

Supports de conférences biogaz et méthanisation

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A la faveur du calme de l’été resurgissent certains sujets qui, dans l’effervescence des mois passés, étaient passés plus ou moins inaperçus. Les Plans nationaux d’action en faveur des énergies renouvelables (PNAE) par exemple. Celui de la France(1), communiqué à la Commission européenne fin août 2010, a fait l’objet d’une analyse – ainsi que ceux de cinq autres pays (Allemagne, Pays-Bas, Suède, République Tchèque et Autriche) – par la Green European Foundation(2).

L’étude du PNAE français a été réalisée par Marc Jedliczka, directeur général de l’association Hespul. Selon lui, les pouvoirs publics français, coincés entre les objectifs du Grenelle, la programmation pluriannuelle des investissements et le soutien au développement du nucléaire, ont délivré un document affichant des objectifs qui ne seront probablement pas atteint.

En effet, l’objectif global est de 23 % de sources renouvelables dans la consommation finale d’énergie (tous usages) en 2020, soit un passage de 16,1 Mtep en 2005 à 36,5 Mtep en 2020. Or, les politiques de soutien aux EnR et de maîtrise des consommations énergétiques actuellement mises en place ne lui semblent pas à même de l’atteindre. suite

Pour la seule électricité renouvelable, il faudrait arriver à une production de 147 TWh en 2020, alors que nous serions plutôt sur la trajectoire de 100 à 120 TWh.

Par ailleurs, le maintien de la production nucléaire met la France très loin d’une transition vers 100 % d’énergies renouvelables en 2050, comme le souhaite la Green European Foudation.

Il y a donc un écart entre les promesses du PNAE et la réalité des progrès réalisés ou souhaités. Certes, on peut arguer que l’exercice du scénario prévisionnel n’est pas évident. Les hypothèses sont très nombreuses et l’univers économique si fluctuant qu’il est difficile de calibrer l’avenir, notamment car
l’impact des politiques de maîtrise de la demande d’énergie est souvent mal pris en compte(3). Mais à l’approche de l’élection présidentielle, nous devons tous faire preuve de pédagogie et de clarté pour amener les électeurs à comprendre les enjeux des économies d’énergie. La réactualisation du scénario
Négawatt prévue à la fin du mois devrait, par exemple, y concourir.

Stéphane SIGNORET
Rédacteur en Chef

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