Baisser l'intensité énergétique plutôt que les prix

Supports de conférences biogaz et méthanisation

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Toujours soumis à la pression d’une économie en berne, le gouvernement revêt son habit de protecteur du pouvoir d’achat des consommateurs : en juillet il a décidé de limiter la hausse des tarifs du gaz à 2 %, niveau de l’inflation, et fin août il a annoncé vouloir baisser les taxes sur les carburants. Les économies qui en découleront seront réellement les bienvenues pour les ménages les plus défavorisés, relativement invisibles pour les autres…
Mais on envoie là un très mauvais message à la population : celui qu’on pourrait se préserver de la hausse récurrente du prix des énergies, notamment les énergies fossiles. Renforcer les solutions alternatives passe au contraire par un écart prix de plus en plus significatif en faveur des énergies renouvelables ou des technologies plus performantes. texte intégral

De plus, les effets sont néfastes pour les entreprises concernées. Les distributeurs de carburants se forcent à supprimer leurs marges (1) en demandant que les raffineurs fassent de même. GDF Suez qui espérait, selon le calcul réalisé par la CRE, une hausse de 7,3 % des tarifs (2) voit de nouveau une décision politique handicaper la couverture de ses coûts d’approvisionnement. Dans ce dernier cas, la situation se double d’une décision du Conseil d’État qui a annulé le gel des tarifs du précédent gouvernement du 1er octobre 2011 au 1er janvier 2012, obligeant à un rattrapage sur les factures d’ici 18 mois. Tout cela entraîne la confusion…

À l’heure de la transition énergétique tant annoncée, non seulement on ne peut pas faire croire qu’il est possible de maintenir les prix artificiellement bas, mais il est aussi impératif de faire oeuvre de pédagogie auprès des Français pour faire valoir l’intérêt des économies d’énergie, bien plus à même de renforcer le pouvoir d’achat et la compétitivité.

Dans le Bilan énergétique 2011 du pays (3), le Commissariat général au développement durable note que l’intensité énergétique de la France continue de baisser mais n’est que de -1,3 % par an en moyenne depuis 2005. Moins bien que les -2 % prévus par la loi Pope de 2005. Le véritable effort national doit porter sur l’atteinte voire le dépassement de cet objectif d’efficacité.

Stéphane SIGNORET
Rédacteur en Chef d'ENERGIE PLUS

Editorial publié dans la revue ENERGIE PLUS n°491 du 15 septembre 2012
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(1) Total annonce baisser ses prix jusqu’à 3 c€/litre pendant trois mois et Leclerc vendre le carburant à prix coûtant jusqu’à la fin du mois.
(2) +4,1 % pour les coûts d’approvisionnement et +3,2 % pour les coûts de transport, distribution, stockage et commercialisation.
(3) Publié en juillet 2012 et consultable sur www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr.

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