La révolution énergétique est en marche au Portugal

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Longtemps très dépendant des importations d’hydrocarbures, le Portugal s’est lancé dans une politique de transition énergétique très ambitieuse. Le pays a souhaité tripler sa production d’électricité renouvelable entre 2005 et 2020. Une stratégie qui le place parmi les meilleurs élèves en Europe, mais qui ne se fait pas sans tiraillements.

Début 2013, le gestionnaire de réseau de transport d’électricité portugais Redes Energéticas Nacionais (REN), faisait une annonce étonnante : au premier trimestre de cette année, 70 % de l’électricité consommée au Portugal était d’origine renouvelable. Si ces mois d’hiver ont été particulièrement favorables à la production d’EnR (précipitations et vent importants), la politique volontariste menée par les autorités de Lisbonne explique ce chiffre important. Les premiers sites hydroélectriques ne sont pas récents.

Dès l’entre-deux guerres, des projets avaient déjà vu le jour. Une politique qui s’est fortement poursuivie les années suivantes : résultat, au début des années 1970, les barrages fournissaient plus des trois-quarts de la consommation électrique portugaise. Mais, après la révolution des œillets et l’entrée dans l’Union Européenne, le niveau de vie des habitants a beaucoup augmenté. Les barrages ne suffisaient plus à satisfaire la demande. Des centrales thermiques à charbon et à gaz ont été construites en nombre, au point qu’en 2010, le Portugal est l’un des pays les plus énergétiquement dépendants du Vieux Continent (à 80 %), car il ne possède presque aucune ressource fossile sur son sol. Au début des années 2000, l’État a commencé à prendre conscience que cette dépendance mettait à mal sa balance commerciale : ses besoins énergétiques représentent plus de la moitié de la valeur de ses importations.

Pour régler ce problème, les autorités ont décidé de miser sur les EnR. D’autant plus que le Protocole de Kyoto oblige le Portugal à diminuer ses émissions GES de 8 % entre 2008 et 2012 (- 27 % depuis 1990). Le pays a choisi de se tourner prioritairement vers l’hydroélectricité et l’éolien. Ce n’est pas un hasard. Il bénéficie d’immenses atouts géographiques et climatiques. Sa proximité avec l’océan atlantique lui assure des vents réguliers. Quant au Tage, au Douro et à la Guadiana, alimentés par des précipitations abondantes, ils permettent un développement important de l’hydroélectricité.

Une politique volontariste portée sur l’éolien et l’hydraulique

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Lire la suite dans Energie Plus 550 du 15 juillet 2015

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