Edito : #MakeOurPlanetGreatAgain

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Edito du rédacteur en chef #MakeOurPlanetGreatAgain. Sonnez Trumpette ! Le tonitruant président des États-Unis a décidé de “sortir” son pays de l’Accord de Paris. La manœuvre sert certainement beaucoup à rassurer son électorat, prompt à dénoncer la mainmise du monde extérieur sur l’Oncle Sam. Mais l’Accord construit durant la COP 21 ne se quitte pas si facilement. Dans les meilleures conditions, les États-Unis ne pourraient s’en retirer qu’en novembre 2020 (1). Il ne faut pas négliger cette décision qui peut rapidement ralentir les investissements promis lors des COP ou, pire, entraîner certains pays à suivre le magnat de l’immobilier.

Mais pour l’instant, c’est l’effet inverse qui se produit. Resserrant les rangs, les signataires de l’Accord de Paris, au premier chef desquels l’Europe et la Chine, ont affirmé leur souhait commun de maintenir le cap défini pour ne pas dépasser 2°C de réchauffement climatique global. Plus d’un millier de responsables d’entreprises, de collectivités, etc. américains ont aussi signé une déclaration pour acter leur volonté d’agir dans le cadre de la COP 21. Pour l’instant, Donald Trump s’est donc mis à contre-courant d’un mouvement mondial et positionne son pays en violation d’un accord international. On a vu mieux comme stratégie de moyen terme… D’ailleurs, le Président français Emmanuel Macron ne s’est pas privé d’enchérir sur le slogan “Make America Great Again” avec le désormais très populaire #MakeOurPlanetGreatAgain.

Un hashtag ne fait néanmoins pas une politique. Une feuille de route a donc été promise pour la fin du mois par Emmanuel Macron et son ministre Nicolas Hulot lors de leur rencontre avec des ONG environnementales. Ces dernières se veulent vigilantes sur les grands chantiers de la transition écologique, et notamment sur les économies d’énergie. Elles ont certainement raison, tant le contexte (prix encore bas des énergies fossiles, faiblesse des investissements dans l’économie réelle) peut ralentir trop durablement les politiques nécessaires, sans parler des zones de silence encore présentes sur le nucléaire ou la taxe carbone. Les Suisses, eux, ont réglé la situation : une votation mi-mai a validé la stratégie du pays à 2050 prévoyant l’arrêt des centrales nucléaires, le développement des sources renouvelables autres que l’hydraulique (11,4 TWh en 2035 contre 2,8 actuellement) et de fortes économies d’énergie (-43 % en 2035 par rapport à 2000). Des anti-Trump…

(1) On lira avec intérêt l’analyse juridique d’Arnaud Gossement sur le sujet :
www.arnaudgossement.com/archive/2017/06/02/climat-les-consequences-de-la...
(2) Voir www.uvek.admin.ch/uvek/fr/home/energie/strategie-energetique-2050.html

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