ATEE : 40 ans au service de la maîtrise de l’énergie

Supports de conférences biogaz et méthanisation

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Née en 1978, l’ATEE fête cette année ses 40 ans. À cette occasion, elle publie un ouvrage retraçant son histoire, des premiers pas sur les économies d’énergie dans l’industrie au développement de plusieurs clubs spécialisés, en passant par la mise en place de délégations régionales. De nombreux témoignages y sont exposés. Extraits.

  • Avant-propos de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire

«Chacun d’entre nous sait que nous ne saurons atteindre la neutralité carbone en 2050 sans réduire notre consommation énergétique. Il est indispensable d’activer tous les leviers, et en particulier d’agir vigoureusement sur ce sujet car il n’est que trop rarement au cœur des débats publics. Pourtant, nous sommes loin d’être démunis car les ressources et les compétences se développent depuis longtemps. Dans le domaine de l’efficacité énergétique, depuis 40 ans, l’ATEE accompagne la politique publique de maîtrise de l’énergie et contribue à placer les économies d’énergie et les énergies propres au centre des préoccupations de l’ensemble des acteurs économiques. […] Je sais compter sur le partenariat pérenne avec l’ATEE, sur votre expérience, vos compétences et votre vision. C’est souvent quand nous sommes au pied du mur que ce qui n’était pas possible hier le devient aujourd’hui. Je compte donc sur vous.»

  • 1978, un contexte mobilisateur

Dans le contexte du choc pétrolier de 1973 et de la création de l’Agence pour les économies d’énergie (AEE) en 1974, trois responsables de grands groupes industriels, Georges Fournier (ELF), Alain Mongon (Rhône Poulenc) et Georges Yelnik (Ugine Kuhlman), décident de créer en 1978 l’Association technique pour les économies d’énergie (ATEE). Il s’agit de favoriser le partage d’expériences et la diffusion des connaissances notamment en direction des petites et moyennes entreprises. Le secteur visé en priorité est l’industrie et les moyens utilisés sont des réunions techniques, des colloques et la diffusion d’une lettre aux adhérents. Cette initiative tombe à point nommé alors que se profile le second choc pétrolier de 1979 : le prix du pétrole est maintenant multiplié par 10 par rapport à sa valeur de 1972. […] L’ATEE inscrit son activité dans cette dynamique et fait le constat que celle-ci ne peut rester centralisée et doit trouver son efficacité dans la déconcentration de ses structures. Elle met en place des groupes régionaux de bénévoles, qui peuvent s’appuyer sur des structures locales (Chambres de commerce et d’industrie notamment), et élargit ses activités “industrie” aux secteurs résidentiel/tertiaire et transport.

  • 1982-1986, les économies d’énergie en vedette

Suivant la transformation de l’AEE en AFME (Agence française pour la maîtrise de l’énergie), l’ATEE garde son sigle, mais les deux “E” signifient maintenant “efficacité énergétique” et non plus “économies d’énergie”. Elle poursuit son développement et multiplie ses activités : colloques techniques et publication systématique des actes, organisation de visites de réalisations exemplaires, participation à de nombreux salons professionnels, création d’une fédération européenne d’associations similaires, l’EFEM. Une commission Transports maritimes édite une série d’ouvrages sur les économies d’énergie dans les navires. La commission Industrie publie le Guide pratique de l’énergie dans l’entreprise, véritable encyclopédie des actions à entreprendre, dont la réalisation aura mobilisé une centaine d’experts bénévoles. L’ATEE édite une série de brochures techniques : guide sur l’utilisation du fioul lourd, guide du comptage de l’énergie dans l’entreprise, guide de l’air comprimé. Elle crée le prix Sadi Carnot, qui récompensera chaque année, pendant plus de dix ans, les meilleurs ouvrages de langue française traitant concrètement de l’utilisation plus efficace de l’énergie.

  • 1987-1991, résister au retournement de conjoncture

En 1985, le baril de pétrole retrouve les prix d’avant les chocs pétroliers. Cet effondrement brutal est néanmoins jugé par l’ATEE comme un retournement de conjoncture passager qui ne doit pas remettre en cause une nécessaire politique de fond en la matière. Il ne faut pas abandonner les acquis et perdre les savoir-faire développés par les agents économiques. […] L’ATEE publie alors son premier Livre Blanc sur l’énergie à destination des décideurs politiques. Il constitue une contribution déterminante à la décision prise par les pouvoirs publics de maintenir, via l’AFME, une action orientée en priorité vers l’animation des réseaux d’acteurs du marché de l’énergie, au détriment des aides à l’investissement. L’ATEE est un des acteurs clés de cette réorientation et sauvegarde de l’AFME.

  • 1992-1997, le thème de l’environnement s’impose

L’ATEE s’adapte à cette nouvelle donne. Elle met en place un groupe de travail “énergie/environnement” sur les problématiques de pollution de l’air des chaudières et des centrales de production d’énergie, alors que sont définies des valeurs limites d’émission des particules, du SO2, des NOX. Elle maintient aussi sa compétence sur l’efficacité énergétique en créant le Club Cogénération en 1991, qui se fixe comme objectif prioritaire de recenser les freins au développement de la cogénération et de proposer des améliorations aux pouvoirs publics. Cette période voit aussi la mise en place, avec l’Ademe, d’outils posant les bases du management de l’énergie dans les entreprises (diagnostic, plan de comptage, service complet avec garantie de résultats, etc.). L’ATEE change encore de nom, tout en conservant son sigle, et devient l’Association technique énergie environnement, qui est toujours sa dénomination actuelle.

  • 1998-2004, plus d’EnR et d’efficacité énergétique

Le Club Cogénération ayant permis de noter le développement de cogénérations “agricoles”, c’est naturellement dans ce contexte que l’ATEE élargit son champ d’expertise aux EnR en créant le Club Biogaz en 1999. Ce Club devient rapidement un véritable réseau interprofessionnel d’échanges, de concertation et d’accompagnement, qui fédère l’ensemble des acteurs de la filière alors naissante. L’ATEE met aussi en place la commission Bois-Énergie qui, en 2006, donnera naissance au Comité interprofessionnel du bois-énergie (CIBE). Lors du grand débat sur l’énergie, l’ATEE publie à nouveau un Livre Blanc consacré à la maîtrise simultanée de l’offre et de la demande d’énergie : une des mesures phares proposées, finalement retenue dans le cadre de la loi POPE, est la mise en place du dispositif des certificats d’économies d’énergie. […] L’ATEE apporte aussi sa contribution à la méthode de calcul des quotas d’émission de CO2 et à la mise en place des “projets domestiques “de crédits de CO2.

  • 2005-2012, le Grenelle de l’environnement et le tournant des CEE

L’ATEE s’implique fortement dans les travaux du Grenelle de l’environnement que ses concepteurs définissent comme une véritable “caisse à outils” pour lutter contre le réchauffement climatique tous secteurs confondus (urbanisme, bâtiment, transports). L’Association travaille très activement et dès l’origine à la mise en œuvre du dispositif des CEE (commission préparatoire dès 2004 et à la création du Club C2E réunissant les parties prenantes : entreprises, organismes, collectivités). Elle met en place les groupes de travail qui, avec l’Ademe et la DGEC, élaborent les fiches d’opérations standardisées, véritables référentiels des économies d’énergie en France. Le Club C2E assure le suivi et une large communication du dispositif. […] Parallèlement, pour appréhender un sujet stratégique émergeant, l’ATEE crée en 2010 le Club Stockage d’énergies, qui vise à fédérer les professionnels du stockage stationnaire d’électricité ainsi que ceux du stockage thermique.

  • 2012-2017, présence renforcée pour accompagner la transition énergétique

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Lire la suite dans Energue Plus 608 du 15 juin 2018

Découvrez prochainement l'ouvrage édité par l'ATEE pour ses 40 ans


 

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