Émissions et concentrations pas toujours au diapason

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Lors de sa journée d’études annuelle du 5 avril 2016, le Citepa s’est penché sur les relations complexes entre les émissions de polluants et la qualité de l’air. Malgré une baisse quasi continue des rejets dans l’atmosphère, les seuils réglementaires de pollutions continuent à être régulièrement dépassés en France et en Europe. Ce phénomène peine à être enrayé en dépit d’un arsenal législatif important.

Les émissions de polluants dans l’air baissent régulièrement en France. Depuis 1990, les rejets de NOx ont diminué de 48 %, ceux de SO2 de 83 %, les PM10 ont décru de 50 % et les PM2,5 de 56 %. Cette tendance persiste encore aujourd’hui. Pourtant, des problèmes de qualité de l’air subsistent. Ponctuellement, les concentrations dans l’atmosphère de ces polluants dépassent les valeurs limites, en particulier pour les PM10 et les NOX. Au final, malgré cette décroissance des émissions, 17 États membres de l’Union européenne, dont la France, sont en infraction avec la directive sur la qualité de l’air ambiant. Cette distorsion s’explique par la différence entre émissions et concentrations.

La première catégorie, mesurée en kilogrammes ou tonnes par an ou par heure, correspond aux quantités de polluants rejetées dans l’atmosphère par les activités humaines ou par des sources naturelles. Elle est estimée chaque année à partir de calculs réalisés aux niveaux national et régional. La seconde caractérise la qualité de l’air que l’on respire, et qui s’exprime en microgrammes par mètre cube (µg/m³). Les concentrations sont mesurées en continu sur des stations situées sur tout le territoire. À partir de ces mesures, une extrapolation à l’échelle nationale est possible. S’il y a un lien entre les deux, il est plus compliqué qu’il n’y paraît. La qualité de l’air résulte de l’interaction complexe entre les polluants et les phénomènes auxquels ils sont soumis une fois dans l’atmosphère. Transport, dispersion sous l’action du vent ou de la pluie, réactions chimiques des polluants entre eux ou sous l’effet du soleil influent énormément sur les concentrations. Selon ces paramètres, elles peuvent varier, à émissions égales, «d’un facteur cinq» selon Airparif.

Des concentrations dépendantes de facteurs externes

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Lire la suite dans ENERGIE PLUS 565 du 1er mai 2016

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