Édito : avec le bois, l’eau n’est pas le moindre des éléments

Supports de conférences biogaz et méthanisation

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Les antiques philosophes grecs, Empédocle d’abord puis surtout Aristote, avaient établi un modèle du monde reposant sur quatre éléments : feu, air, eau et terre. Les Chinois en voyaient plutôt cinq : bois, feu, métal, eau, terre. L’enjeu de la transition écologique, et plus particulièrement énergétique, oblige à penser ces éléments dans leur ensemble et de façon durable. Le dossier biomasse de ce numéro focalise sur la matière végétale – le bois principalement aujourd’hui – pour générer par combustion (le feu) une chaleur nécessaire à la production d’eau chaude ou de vapeur. Il y faut des machines de métal et la qualité de l’air peut en être impactée. La terre sur laquelle poussent ces combustibles renouvelables doit être envisagée dans sa fonction nourricière et donc être exploitée en les protégeant. On visualise ainsi assez facilement l’aspect circulaire de cette économie, au sens des anciens Grecs : oikos, la bonne gestion de la maison, du domaine, des terres.

Mais dans nos modes de pensée habituels, l’eau est souvent le parent pauvre. Elle est vue comme une utilité, un vecteur dont la physique et la chimie sont bien connues. Si nous en connaissons tous le caractère précieux pour la vie, nous oublions, par contre, facilement les contraintes grandissantes qui pèsent sur son accès. Pourtant les phénomènes météorologiques comme la tempête tropicale Harvey, suivie des ouragans Irma, José et Katia ont marqué les esprits par les dégâts occasionnés en très peu de temps. Les récentes inondations au Vietnam montrent encore un autre aspect de la fragilité de nos systèmes, sans parler de la terrible sécheresse qui sévit en Afrique de l’Est et menace de mort près de 20 millions de personnes. Les scientifiques du Giec avertissent depuis longtemps que le changement climatique amplifie très probablement ces phénomènes extrêmes. Et comme nous l’avons dit dans notre précédente édition, il est tout aussi probable qu’il en découlera des migrations importantes de réfugiés environnementaux en recherche de ressources en eau et nourriture (1). Il est temps de traiter la question, comme ont commencées de le faire les entreprises indiennes réunies lors du Business Climate à New Delhi (2), inquiètes de voir les réserves d’eau bien inférieures à la moyenne des dix dernières années, malgré des inondations récentes.


(1) http://www.thinktank-resources.com/fr/publications/prises-de-parole/la-q...
(2) http://ficci.in/press-releases.asp en date du 1er septembre 2017.

 

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