De quel bois sera faite la forêt française ?

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L’Ademe a mené en partenariat avec l’IGN une étude pour évaluer la ressource en bois à l’horizon 2035 selon des scénarios distincts. La forêt française semble être en mesure de supporter la demande si elle reste raisonnable. Mais le travail de l’Agence ne prend pas en compte les effets du changement climatique, qui pourrait avoir des effets considérables par la suite.

La France s’est fixé des objectifs ambitieux pour la consommation de bois. En matière de bois-énergie, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) table sur une production électrique comprise entre 790 et 1040 MW d’ici 2023. Se pose alors la question de la ressource. Le pays est-il en mesure de répondre à la demande ? Oui selon l’Ademe et l’Institut géographique national (IGN), qui ont publié une étude (1) prospective à horizon 2035. La forêt française semble être en mesure de fournir tout le bois nécessaire si le développement de la filière est maitrisé. Avec 17 millions d’hectares et une superficie qui a crû de 60 % en un siècle, le quatrième massif forestier européen a de la ressource.

 

  • Pas de tensions particulières en 2035

Le but de l’étude publiée l’année dernière était de produire des informations quantitatives et qualitatives de référence sur les volumes de bois exploitables à l’horizon 2035. Avec, comme objectif, de contribuer à l’élaboration des politiques forêt-bois nationales et régionales. « C’est à partir de cette étude que nous avons basé notre objectif de prélèvement supplémentaire », explique Véronique Borzeix, sous-directrice des filières forêt-bois, cheval et bioéconomie au ministère de l’Agriculture et de l’alimentation. Cette publication donne une estimation précise des volumes de bois exploitables à l’échéance 2035 grâce à l’utilisation de données inédites. Ce travail a aussi évalué les capacités de la forêt française à satisfaire la demande selon des scénarios prospectifs de demande industrielle et énergétique. La disponibilité en bois a été calculée selon deux scenarii prédéfinis : le premier (« sylviculture constante ») considère que les prélèvements resteront sur les mêmes bases qu’actuellement. Le second (« gestion dynamique progressif ») table sur une augmentation des coupes. Le matériau disponible est classé selon ses usages : bois d’œuvre potentiel (BO-P), bois industrie bois énergie potentiel (BIBE-P) et menus bois (MB).

Les résultats sont assez rassurants pour la forêt nationale. La disponibilité de BO-P et de BIBE-P s’établirait en 2031-2035 à +7,6 Mm3/an pour le scénario stable et +19,8 Mm3/an pour le scénario de gestion dynamique progressif. Les volumes additionnels croissent pour le BO-P et le BIBE-P. Mais les résultats sont très différents selon les essences d’arbres. Les feuillus représentent 80 % de la disponibilité supplémentaire, avec entre 6,1 Mm3/an et 15,8 Mm3/an en 2031-2035 selon le scénario, dont la majorité de BIBE-P. À l’inverse, les marges de croissance chez les résineux devraient rester limitées : à peine +1,4 Mm3/an en sylviculture constante et surtout du BO-P. La dynamisation de la gestion permettrait de mobiliser 4 Mm3/an, dont seulement 0,9 Mm3/an de BIBE-P, le plus souvent en montagne. Néanmoins, « la ressource supplémentaire est représentée par des feuillus de faible qualité et se trouve surtout dans les forêts privées de petite surface, et sera difficilement exploitable », prévient Antoine Colin, chef du département expertise et prestations à l’IGN. Elle atteint entre 5,2 Mm3/an et 11,8 Mm3/an avec le scénario dynamique progressif, soit 60 % du total national. La forêt publique, elle, stagne avec un stock augmentant de 1 à 6,1 Mm3/an. « Il y donc un risque de surexploitation de ces forêts », prévient Antoine Colin.

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Lire la suite dans Energie Plus 594 du 1er novembre 2017

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