Belles perspectives pour la filière biométhane en France

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Le biométhane, malgré la jeunesse de la filière, serait promis à un bel avenir. Le Panorama du gaz renouvelable 2016, publié par GRDF, GRTgaz, le SER, le SPEGNN et le TIGF a dressé un état des lieux et des perspectives de développement optimistes. En quelques chiffres, les gestionnaires de réseaux ont annoncé une augmentation, en un an, de 53 % des sites d’injection de biométhane dans l’ensemble des réseaux, portant leur nombre à 26 fin 2016. La production de gaz renouvelable ne représente que 0,05 % de la consommation française (avec un objectif de 10 % à l’horizon 2030 donné par la LTECV), mais le potentiel est important. Sur le plan des perspectives à court terme, 241 projets d’injection sont aujourd’hui dans la file d’attente de raccordement, ce qui signifie qu’ils ont atteint la commande de l’étude de faisabilité pour les réseaux de transports et de l’étude détaillée pour les réseaux de distribution. Ils mettent ensuite 2 à 5 ans pour être menés à termes. Ces 241 projets représentent une capacité maximale cumulée de 5 TWh/an. L’objectif poursuivi pour 2023 s’élève à 8 TWh/an. Jean-Louis Bal, président du SER, a remarqué par ailleurs que «la répartition des projets sur l’ensemble de la France n’est pas liée à la couleur politique des conseils régionaux, signe que le développement de la filière biométhane n’est pas soumis à des aléas d’alternance politique.»

Si l’on se situe sur un terme plus éloigné, le Panorama annonce un potentiel à horizon 2035 qui correspond globalement à la consommation de gaz en France aujourd’hui : la filière méthanisation affiche un potentiel technique de 208 TWh par an ; la gazéification, un potentiel 160 à 280 TWh/an et le power-to-gaz entre 15 et 40 TWh/an.

«Des évolutions sont encore nécessaires pour aller plus vite et plus loin, a annoncé Jean-Louis Bal. Nous avons déjà commencé à y travailler dans le cadre du Comité national biogaz et obtenu ces derniers mois un certain nombre de progressions, notamment sur le plan fiscal : l'exonération de la contribution climat énergie pour le biométhane injecté dans le réseau et la réfaction tarifaire pour les coûts de raccordement - qui est encore à venir mais a été décidée.» Le directeur général de GRDF, Edouard Sauvage, a estimé pour sa part qu’il était nécessaire de garder le pilotage de cette filière de veiller à maintenir l’égalité de traitement par rapport à d’autres types d’énergie, faisant référence entre autres à la prolongation de 15 à 20 ans du tarif d’achat qui a été octroyé au gaz mais pas au biométhane dans l’arrêté du 14 décembre dernier. «Cette prolongation sera l’une de nos batailles pour les mois à venir», a assuré Jean-Louis Bal. Enfin, Thierry Trouvé, directeur général de GRTgaz, a abordé les évolutions qu’il sera nécessaire d’opérer sur le financement des projets. Un groupe de travail a été mis en place, regroupant des professionnels du secteur énergétique, dans le but de proposer courant 2017 des moyens de faire sauter ce verrou au développement des projets de biométhane. Par ailleurs, un travail a été engagé avec des partenaires dans le but d’identifier un ou deux sites pilotes en France pour tester une installation de rebours de gaz, et apporter une solution à la problématique du manque de débouchés sur les réseaux de distribution, particulièrement en période estivale : «Une étude que nous avons menée estime qu’à l’horizon 2025, avec 600 projets de biométhane sur le territoire, nous aurons besoin d’une trentaine d’installations de rebours, pour un coût total estimé d’environ 100 millions d’euros.»

 

Pour lire le Panorama du gaz renouvelable 2016 : http://www.enr.fr/userfiles/files/Brochures%20Bio%C3%A9nergies/SER-Panorama2015Biogaz_100dpi-RVB.pdf

 

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