Energie et compétitivité industrielle : l’efficacité a sa place

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Mondialisée, l’économie a poussé les industriels vers une plus grande fragmentation de la chaîne de valeur, d’où une plus grande interdépendance énergétique entre secteurs et entre pays. Pour se prémunir de trop fortes variations des prix, l’efficacité énergétique reste une valeur sûre.

La politique énergétique française est-elle encore à même de jouer sur la compétitivité des entreprises manufacturières françaises dans un contexte mondiale de l’énergie ? C’est en partie en voulant répondre à cette question que deux chercheurs d’EDF R&D ont mené un travail spécifique, publié l’an dernier par la CCI-Île-de-France*. Même si les données – parfois difficiles à agréger au niveau mondial – datent de 2005, elles montrent combien l’industrie est dépendante d’une économie largement mondialisée.

Premier constat, d’abord, les échanges internationaux ont beaucoup augmenté depuis les années 1970, non seulement pour les produits finis (d’environ 400 à 3 400 Md$) et encore plus pour les biens intermédiaires (de 600 à 4 000 Md$). Cela est dû à la fragmentation croissante de la chaîne de valeur, corrélée aux stratégies mondiales de localisation des entreprises. Or les mix énergétiques sont différents d’un pays à l’autre, ainsi que les prix des énergies. L’impact de cette énergie grise, c’est-à-dire l’énergie nécessaire à la construction d’un bien manufacturé, peut donc être très variable sur la compétitivité d’une entreprise. Pour évaluer ces interdépendances énergétiques entre secteurs industriels et entre pays, des données économiques sur les valeurs monétaires des flux d’échanges ont été couplées avec des données énergétiques par secteur industriel. Au niveau global, en 2005, l’Europe a ainsi importé l’équivalent de 1 469 TWh depuis l’Asie via des biens industriels, 657 TWh depuis les Amériques, 594 TWh depuis la CEI et 369 TWh depuis le Moyen-Orient.

À titre de comparaison, l’Europe a importé 1 193 TWh de pétrole brut du Moyen-Orient en 2013… L’Europe a aussi exporté des biens mais, globalement, elle est importatrice nette. Portée au niveau national, l’analyse montre que la consommation de biens en France est dépendante aux trois quarts (!) d’énergie finale consommée hors de l’Hexagone. Une partie vient de biens finis importés (soit 426 TWh) et l’autre du secteur manufacturier français, qui lui-même a utilisé des biens intermédiaires importés (398 TWh), comptant pour presqu’autant que l’énergie finale qu’il a consommé sur le territoire (voir schéma). Grosso modo, la moitié de l’énergie utilisée pour fabriquer des biens en France vient d’un autre pays.

Dépendance aux autres pays

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Lire la suite dans Energie Plus 542 du 15 mars 2015

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