Édito : Une Europe à plusieurs vitesses ?

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Édito du rédacteur en chef : Une Europe à plusieurs vitesses ?

Les dernières données statistiques consolidées d’Eurostat portent sur l’année 2015. Elles montrent le détail des consommations d’énergies primaire et finale des pays de l’Union européenne. Et, ce qui plus intéressant, leurs évolutions au regard de l’objectif de 20 % d’économies d’énergie (1). Pour rappel, cet objectif a été défini par rapport à un scénario tendanciel de consommation, fixant ainsi le niveau maximum à 1 483 Mtep d’énergie primaire et à 1 086 Mtep d’énergie finale en 2020. Ce dernier a été atteint dès 2014 (1 059 Mtep) et encore en 2015, malgré un léger rebond de la consommation (1 082 Mtep). L’effort de sobriété et d’efficacité énergétique est donc à maintenir, d’autant que l’objectif en énergie primaire est encore loin, avec un bilan de 1 529 Mtep en 2015. L’écart de 46 Mtep à économiser équivaut à la consommation totale de pétrole en France dans les transports !

Eurostat montre qu’entre 1990 et 2015, les sources d’énergie ont relativement changé dans l’UE. La consommation de charbon a baissé de 42 % et celle de pétrole de 13 %. Le gaz a lui vu sa consommation augmenter de 22 %, celle du nucléaire de 8 % et celle des énergies renouvelables de 191 %. Mais, malgré ces évolutions, la part des énergies fossiles reste globalement écrasante avec plus de 70 % des Mtep consommés. Encore moins rassurant, les ressources de l’Europe diminuant, l’Union importe de plus en plus de pétrole, de charbon et de gaz, à raison de 73 %, contre 53 % en 1990. Les différences sont grandes entre pays : 11 dépassent les 80 % d’importations tandis que 3 seulement sont en-dessous de 50 % (Suède, Finlande, France).

Les cinq pays les plus consommateurs d’énergies sont l’Allemagne (314 Mtep), la France (253 Mtep), le Royaume-Uni (191 Mtep), l’Italie (156 Mtep) et l’Espagne (121 Mtep). Avec le Brexit et la montée des populismes, une Europe à plusieurs vitesses est désormais préfigurée par la réunion récente du Président François Hollande et de ses homologues allemand, italien et espagnol. Appliquera-t-il au secteur de l’énergie l’idée de «coopérations différenciées [pour] que quelques pays puissent ensemble aller plus vite, plus loin, […] sans que d’autres soient écartés mais sans que d’autres puissent s’y opposer» ? (2) La maîtrise de l’énergie trouveraient peut-être ainsi une nouvelle locomotive…

(1) http://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/Energy_savin...
(2) www.elysee.fr/declarations/article/declaration-au-sommet-informel-allema...

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