Bilan électrique 2016 : RTE pointe la baisse de production

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En faisant le bilan électrique de l’année 2016, RTE a pointé quelques évolutions et surtout les atouts qui ont permis au réseau électrique de passer un hiver exceptionnel par le déficit de production nucléaire. « Les années se suivent et ne se ressemblent pas » a dit le président de RTE François Brottes.

Depuis 2011, la consommation d’électricité en France est stable avec un niveau corrigé du climat et de l’année bissextile (hors industrie de l’énergie) de 473 TWh en 2016. Elle affiche un niveau brut de 483 TWh (+1,5%) en partie à cause d’une température moyenne légèrement plus basse (0,8°C) qu’en 2015. La pointe de consommation a eu lieu le 18 janvier 2016 à 19h, avec 88 571 MW appelé, bien loin des 102 098 MW de 2012. La consommation des PME/PMI et de la grande industrie est stable, même si certains secteurs affichent une hausse, comme celui de la sidérurgie (+4,9 %).

La production d’électricité diminue (531,3 TWh, soit -2,8 %) à cause d’une baisse conjoncturelle de l’apport du parc nucléaire (384 TWh soit -7,9 %). Les maintenances et contrôles de ces installations ont en effet mis à l’arrêt jusqu’à 21 réacteurs en novembre dernier. Cette baisse est en partie compensée par le productible des énergies renouvelables dont les capacités installées ont augmenté de 2200 MW en 2016. Le solaire photovoltaïque et les barrages ont bénéficié de conditions météorologiques favorables, avec un fort ensoleillement d’été et d’importantes précipitations au printemps. Ont été ainsi produits 63,9 TWh pour l’hydraulique (+8,2 %), 20,7 TWh pour l’éolien (-1,8 %), 8,5 TWh pour les bioénergies (+6,3 %) et 8,3 TWh pour le solaire PV (+11,3 %). Des records de production solaire (5267 MW le 4 mai) et éolien (8632 MW le 6 février) ont été atteints, avec des facteurs de charge respectifs à ces moments-là de 82,7 % et 82,8 %. Même si les capacités du parc thermique à flamme ont globalement baissées (-2,2 %), les centrales gaz ont beaucoup plus produit (+60,8 %, 35,3 TWh).

Les échanges transfrontaliers ont profité d’une vraie dynamique européenne et permis de compenser le manque de production dans les moments les plus difficiles pour assurer l’équilibre offre-demande. La France a exporté 71,1 TWh sur l’année et importé 32,6 %. Le solde, positif malgré de fortes importations fin 2016, baisse significativement par rapport à 2015 (-36,6 %). Le solde a même été importateur net en décembre dernier (0,13 TWh). On note également une plus grande participation des importations au mécanisme d’ajustement (25 % de la quantité appelée), surtout depuis la Suisse, l’Allemagne te le Benelux.

Pour renforcer la sécurité d’approvisionnement, RTE peux compter aussi sur l’interruptibilité de 21 sites industriels (1500 MW appelables). Des contrôles renforcés sur les offres d’effacement ont engendré une baisse des capacités disponibles (2600 MW pour 2017 contre 3150 en 2016) mais leur fiabilité est accrue, avec un plus grand nombre d’opérateurs se faisant concurrence (13 en 2017 contre 7 en 2016). Ainsi, 16 GWh d’effacements ont été réalisés sur le mécanisme d’ajustement en 2016 et 6 GWh sur le mécanisme NEBEF entre janvier et novembre. Le mécanisme de capacité, pour lequel 92 148 MW ont été certifiés fin 2016, sera aussi précieux. Tous ces échanges ont eu lieu dans un contexte de prix bas de l’électricité sur les marchés, en moyenne annuelle de 36,75 €/MWh mais avec des périodes contrastées : les huit premiers mois de 2016, la moyenne était de 28 €/MWh et la fin de l’année a connu des hausses substantielles, avec une pointe journalière le 7 novembre à 874 €/MWh.

Enfin, RTE continue d’investir dans la modernisation et le renforcement de son réseau, à hauteur de 2,8 milliards d’euros entre 2002 et 2017. L’insertion de technologies numériques dans les postes de transformation, et parfois de solution de stockage, démarre. Les quatre premiers postes “nouvelle génération” seront installés cette année et nous les 2706 restants devraient être équipés d’ici 2030, dans le cadre du projet industriel Impulsion et Vision » du gestionnaire du réseau de transport d'électricité.

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