Édito : L’éolien terrestre à 47 €/MWh en 2030 ?

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Édito du rédacteur en chef : L’éolien terrestre à 47 €/MWh en 2030 ?

Avec 12 GW, la filière éolienne française pointe à la 4e place en Europe en termes de capacités installées, après l’Allemagne, l’Espagne et le Royaume-Uni. Loin, bien sûr, derrière les géants Chinois et Américains qui accaparent respectivement 34 % et 17 % de la puissance mondiale (433 GW). La dynamique de croissance est néanmoins bien réelle et a récemment fait l’objet de deux études de l’Ademe (1). La première fait justement le bilan des développements passés après 15 ans de politiques publiques qui ont parfois ralenti la vitesse d’installation des parcs éoliens. Mais selon l’Ademe, le bilan est positif. Une filière française a commencé de se constituer avec près de 600 entreprises génèrant 663 M€ d’exportations et un chiffre d’affaires de plus d’1,84 Md€. Mais pas un seul fabricant de turbines n’est français, malheureusement. En termes d’emplois, près de 18 000 ETP directs et indirects sont recensés. Le coût pour la collectivité du soutien à l’éolien est estimé à 3,2 Md€ entre 2002 et 2013, soit moins que les bénéfices environnementaux et sanitaires évalués entre 3,1 et 8,8 Md€ par l’Agence (2).

Si le rythme s’accélère et que les objectifs de la PPE sont atteints, le parc français dépasserait 40 GW terrestre et 7 GW en mer en 2030. À l’horizon 2035, la filière hexagonale emploierait entre 40 000 et 75 000 ETP directs et indirects, hors exportations. Certains défis doivent être relevés pour en arriver là et la deuxième étude de l’Ademe caractérise plus d’une soixantaine d’innovations technologiques nécessaires d’ici 2030 : augmentation de la taille des rotors, amélioration des générateurs à entraînement direct, meilleure vérification des nacelles en atelier, plus grande précision de la commande d’orientation des pales, réduction de la sensibilité aux conditions météorologiques, développement de la maintenance conditionnelle et de stratégies de maintenance holistique, systèmes de commande intégré à l’échelle du parc éolien, etc.

Ainsi, le facteur de charge pourrait atteindre 30 % à terre et 50 % en mer en 2030. Et les coûts complets de production (LCOE) seraient à hauteur de 47 €/MWh pour l’éolien terrestre, 54 à 73 €/MWh pour les installations en mer posées et 62 à 102 €/MWh pour le flottant.

(1) Voir sur www.ademe.fr/etude-filiere-eolienne-francaise-bilan-prospective-strategie 
et www.ademe.fr/caracterisation-innovations-technologiques-secteur-leolien-...

(2) Entre 1,4 et 1,7 Md€ pour les émissions évitées de gaz à effet de serre et entre 1,7 et 7,1 Md€ pour la réduction des polluants atmosphériques.

Article publié dans Energie Plus 592 du 1er octobre 2017
 

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