Monnaies locales : complément de la transition ?

Supports de conférences biogaz et méthanisation

Les monnaies locales complémentaires pourraient permettre de stimuler les politiques publiques de transition écologique. Si des propositions émergent pour développer ces initiatives, elles peinent à se mettre en place au niveau local. En cause, la difficulté pour ces monnaies d’atteindre une taille critique. Au niveau national, cela semble plus facile, mais le modèle en reste à ses balbutiements.

Pour aider les territoires à mener leurs transitions écologiques, pourquoi ne pas recourir, en guise de complément, aux monnaies locales complémentaires (MLC) ? Si elles ne sont pas spontanément liées aux thématiques environnementales, elles peuvent être mobilisées pour stimuler les politiques publiques qui y sont associées. Ces monnaies peuvent se prêter au financement de ces projets pas toujours rentables selon des visions économiques de court terme. Il est même techniquement possible d’adosser ces monnaies à des certificats carbone. En France, une quarantaine de MLC sont en circulation. Créées dans des zones géographiques limitées et encadrées par des associations locales, elles servent de complément à l’euro. Leur valeur est fixée à parité avec la monnaie européenne et leur émission est couverte par une réserve équivalente en euros. Quant à leur convertibilité, elle est contrôlée. Enfin, elles doivent promouvoir l’économie locale, selon des critères énoncés par les associations qui les gèrent. Concrètement, elles sont utilisables dans certains commerces ou chez des producteurs qui adhèrent à la charte du projet. Par exemple, au Pays basque, l’Eusko défend la langue locale. Les commerces partenaires du réseau doivent utiliser des affichages en langues française et basque. Si elles défendent l’économie et les cultures locales, servir la transition écologique est possible.

Si elles n’y sont pas totalement dédiées, certaines MLC affichent déjà une préoccupation environnementale. Le Sol-violette, utilisé à Toulouse, privilégie les prestataires ayant un volet écologique fort : circuits courts, économies d’énergie, utilisation de transports moins polluants, tri des déchets, mutualisation des équipements, etc. L’équipe du Sol-Violette accompagne aussi les prestataires pour qu’ils améliorent leurs pratiques environnementales. Contrairement aux autres MLC, celle du Pays de Brest, baptisée Héol, affiche un objectif environnemental dès les deux premiers points de sa charte. Elle encourage les productions locales, l’agriculture biologique, les économies d’énergie et le recours aux renouvelables, incite à l’usage des transports actifs et collectifs, à minimiser ses déchets et à les rendre biodégradables. Mais en général, l’aspect environnemental n’est pas au centre des préoccupations de la quarantaine de MLC françaises. Pour y remédier, des pistes sont lancées, notamment par des économistes. D’autant qu’un cadre législatif existe depuis 2014 et intègre les MLC dans le code monétaire et financier français. Mais pour aller plus loin, notamment en y intégrant une composante carbone, la réglementation devra évoluer.

  • À l’échelon local, un modèle encore à trouver

Jérôme Blanc et Baptiste Perrissin Fabert ont rédigé un rapport* listant des solutions pour faire de ces devises un outil au service de la transition écologique...

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Lire la suite dans Energie Plus 592 du 1er octobre 2017

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