Le Gas-to-Liquid (GtL) : un carburant de la transition énergétique

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Promis à un essor massif il y a dix ans, notamment au Qatar, le Gas-to-Liquid (GtL) est depuis rentré dans le rang, malgré des propriétés énergétiques et environnementales flatteuses. Alors que le GtL fait une petite percée en France sous l'impulsion du groupe Shell, les prochaines années pourraient le voir se répandre au sein des flottes les plus anciennes afin de réduire drastiquement leurs émissions de polluants.

À l’heure où vous lisez ces lignes, la Ville de Strasbourg aura tout juste achevé une opération test sur une partie de sa flotte de transports publics. La Compagnie de Transports de Strasbourg (CTS) a en effet expérimenté six mois durant le recours au GtL (Gas-to-Liquid) sur une dizaine de ses bus. Un carburant obtenu comme son nom l’indique à partir de gaz naturel, utilisable à l’état liquide dans des conditions de température et de pression atmosphérique (voir l’encadré « Principe général »).

C’est l’opérateur pétro-gazier Shell qui a fourni le carburant nécessaire à cette expérimentation en conditions réelles. Les dix bus qui ont servi à cette expérimentation sont tous des véhicules diesel de la flotte régulière de la CTS. L’idée derrière cette expérimentation : vérifier l’impact positif du recours au GtL en matière de pollution atmosphérique sur des véhicules existants à moteurs diesel. Car dans ce registre, le Gtl affiche des propriétés remarquables, que Shell ne se prive pas de mettre en avant. La première d’entre elles, et non des moindres : engendrer une réduction de l’ordre de 20 % en moyenne des émissions de NOx et de particules fines, selon la génération de moteur diesel considéré, grâce à une combustion plus uniforme. Mais ce n’est pas tout : le GtL permettrait de réduire le bruit des moteurs, tout en leur offrant de meilleures performances de démarrage à froid, il serait, selon des essais in vitro, non cancérigène. Dès 2006, dans une note de synthèse, l’Ifpen (Institut Français du Pétrole et des Energies Nouvelles) mentionnait le fait que le GtL affichait un bilan carbone « du puits à la roue » équivalent aux produits de raffinerie. Une donnée que reprend d’ailleurs Shell dans son argumentaire tout en la nuançant, soulignant que « certains produits GtL ont une intensité inférieure à leurs équivalents conventionnels et certains une intensité supérieure(… )». Shell ajoute que dans l’annexe 7a de la Directive européenne sur la qualité des carburants, l’évaluation de l’intensité carbone du GtL est de 94,3 g éqCO2/MJ, contre 95,1 g éqCO2/MJ pour le gazole conventionnel. Et pour parachever le tout, il peut être directement utilisable par les véhicules diesel, sans aucun retrofit. De même, en termes de logistique, il ne requiert pas de précautions particulières ni de nouvelles infrastructures, il serait même moins inflammable que des carburants conventionnels. Et pour finir, il serait plus rapidement biodégradable. Une véritable panacée ! « Un nectar », dira même Jean-Christophe Viguié, manager de projet au sein de l'Ifpen.

Le Qatar, Terre Promise ?

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Lire la suite dans Energie PLus 581 du 1er mars 2017

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