Électricité : le stockage par batteries monte en flèche

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Les projets de stockage d’électricité par batteries se concrétisent dans le monde entier sous l’impulsion de la baisse des coûts. Dans plusieurs pays, des installations de grandes puissances sont guidées par un besoin de fourniture de services système au réseau. En France, ce sont les expérimentations dans les ZNI qui priment.

Le début d’inflexion ressenti l’an dernier sur le stockage d’énergies (voir Énergie Plus n° 579) se poursuit lentement. Si on laisse de côté le stockage de chaleur/froid qui obéit à sa propre dynamique industrielle, il est clair que c’est le stockage d’électricité qui mobilise toutes les attentions. La PPE (Programmation pluriannuelle de l’énergie) en cours de construction pour la période 2018-2028 devrait aborder le sujet, ce qui n’était pas le cas de la précédente PPE. En effet, le développement des énergies renouvelables électriques, tout comme l’objectif de neutralité carbone du Plan climat du gouvernement qui va induire plus de véhicules électriques ou hybrides pour remplacer à terme une partie des véhicules thermiques, obligent à anticiper d’éventuels besoins de stockage et les services et usages des batteries des véhicules. Le New Green Deal demandé par le Président Emmanuel Macron au ministre en charge de l’Énergie Nicolas Hulot doit aussi inclure des propositions concrètes pour construire le système énergétique de demain dans lequel le stockage (batteries, hydrogène) aura une place importante, selon la DGEC.

En attendant ces documents, les ZNI (zones non interconnectées) restent les zones prioritaires d’expérimentations du stockage d’électricité pour la France. Via deux appels d’offres lancés par la CRE en 2012 et en 2016, ce sont ainsi 52 MW puis 63 MW de projets qui ont été choisis, répartis principalement en Guyane, dans les Antilles, en Corse et à la Réunion. L’objectif de la CRE est que ces systèmes aident à intégrer les EnR à moindre coût, diminuent les surcoûts de production alternative par ressource fossile et les coûts d’acheminement de l’électricité ; ces deux derniers aspects permettant de faire baisser les charges finançant la péréquation tarifaire et le Turpe. Néanmoins, principalement restreints à la limitation des écarts entre prévision et production photovoltaïques, les appels d’offres mériteraient d’être orientés vers d’autres services comme le réglage de fréquence. La CRE a progressé sur ce sujet (voir encadré) grâce «à une méthodologie exposée fin 2016. Mais la progression des travaux exige une bonne coordination avec le gestionnaire du réseau de distribution des ZNI. Elle ne nous semble malheureusement pas encore suffisamment avancée pour que les porteurs de projets puissent déjà mettre en place les services système adéquats apportés par des dispositifs de stockage, suffisamment rémunérés et aux périodes et localisations les plus appropriées. "Cette analyse est en cours", commente Patrick Canal, délégué général du club Stockage d’énergies de l’ATEE.

Comme le rappelait Jean-Baptiste Bart, vice-président du club Stockage d’énergies lors du colloque de l’ATEE des 22-23 novembre derniers, les expérimentations conduites dans les ZNI, mais également la poursuite de la R&D pour ne pas briser la dynamique d’innovations, sont des atouts importants pour la France. Mais le bon ajustement du cadre réglementaire, tarifaire et fiscal est encore nécessaire pour que le stockage prenne une autre dimension dans l’Hexagone, dont la taille de marché devrait en principe être beaucoup plus importante.

  • Quelques pays bien avancés

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Lire la suite dans Energie Plus 599 du 1er février 2018

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