Édito : la consommation d’électricité est stable en 2017

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L’heure du bilan 2017 sonne avec les derniers chiffres publiés par RTE (1). Ils montrent la poursuite de la “mutation” (pour reprendre le terme du gestionnaire) du parc de production d’électricité français. En termes de capacité installées, le parc est constant, mais il y a clairement un transfert du thermique fossile vers les énergies renouvelables. Le thermique a connu une baisse de 13,1 % (18 947 MW installés) avec la fermeture de cinq groupes au fioul, tandis que l’éolien a augmenté de 15,3 % (13 559 MW) et le solaire de 13,1 % (7660 MW).

En termes de production, les données sont bien à interpréter au regard de la phase d’arrêt de plusieurs centrales nucléaires début 2017. Cela a engendré une baisse de la production nucléaire de 1,3 % (379,1 TWh) en partie compensée par l’éolien (+14,8 % à 24 TWh) et le photovoltaïque (+9,2 % à 9,2 TWh) mais aussi par la production des centrales à charbon (+33,1 % à 9,7 TWh), fioul (+45,3 % à 3,8 TWh) et gaz (+15,4 % à 40,9 TWh) (2). La faible production hydraulique (-16,3 % à 53,6 TWh) due à un déficit en pluie et la vague de froid de janvier 2017 ont également conduit à des hauts niveaux d’importations (36,2 TWh). Le président du directoire de RTE, François Brottes, fait tout de même remarquer que les importations dépendent beaucoup des niveaux de prix constatés de part et d’autres des frontières, et ne reflètent pas forcément un déséquilibre de production. Le solde des échanges reste néanmoins positif pour la France avec un solde annuel exportateur de 38 TWh.

Surtout, on constate que la consommation brute d’électricité en 2017 n’est que très peu en baisse (-0,3 %) à 482 TWh. La répartition sectorielle est quasi similaire à l’année précédente sauf la hausse notable de la consommation de la grande industrie raccordée au réseau de transport d’électricité (+3,5 %, 68,2 TWh) témoignant de sa reprise d’activité.
Enfin, RTE note une forte progression des effacements réalisés (26,7 GWh) par rapport à 2016 (16,5 GWh) sur le mécanisme d’ajustement. Très inégalement répartis dans le temps, ces effacements ont été de plus de 100 MW lors de 28 journées, et parfois jusqu’à des pointes dépassant 500 MW.

(1) À voir sur bilan-electrique-2017.rte-france.com/.
(2) Les centrales thermiques avaient été peu utilisées en 2016 d’où ces forts taux d’augmentation !

Article paru dans Energie Plus 601 du 1er mars 2018

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