Où en est l’ingénierie financière au service de la transition énergétique ?

Supports de conférences biogaz et méthanisation

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À l’occasion d’un colloque organisé par le groupe BPCE, des acteurs financiers se sont rassemblés pour témoigner du rôle qui est le leur dans la réussite et l’ampleur du tournant énergétique à opérer.

En matière de transition énergétique, les territoires montrent déjà leur bonne volonté. Engagé aux échelons locaux, le virage prendra forme avec la prochaine loi de transition énergétique et les textes qui l’accompagneront. Mais un autre levier est indispensable pour opérer les changements souhaités, celui de la fiscalité. Lors du colloque dédié au financement de la transition énergétique organisé par le Groupe BPCE début février 2015, Bruno Lechevin, président de l’Ademe, a souligné que les surcoûts nécessairement engagés pour la transition seraient inférieurs à ceux engendrés par une absence de transition. Puis il rappelé que la loi appelle à réorienter les investissements vers des activités vertueuses qui soient compatibles avec la transition énergétique et a invité le secteur bancaire à innover dans le domaine financier.

Des solutions de financement sont proposées ça et là depuis quelques années, au niveau national (comme l’éco-prêt à taux zéro), mais aussi au niveau local : au-delà de la nécessaire intervention publique, «[Les banques] doivent se saisir des outils créés par les pouvoirs publics et proposer des outils complémentaires. Nous avons en France des réseaux bancaires à ancrages territoriaux forts, c’est un atout», a estimé Laurent Michel, à la tête de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC).

C’est ainsi que plusieurs acteurs financiers sont venus témoigner de leur démarche. La Savoie possède de nombreuses installations hydrauliques privées (houille blanche), délaissées dans les années 90, et dont les turbines devaient être entretenues. Partant de ce constat, la région Rhône-Alpes, la Caisse des dépôts, les producteurs et les acteurs bancaires ont créé, il y a un an, le fonds Oser, destiné à encourager la micro production d’électricité. Ainsi, 10 millions d’euros sont dédiés à des projets de 100 000 à 200 000 euros, avec un levier de 1 à 4 : « Connaissant les coûts de production ainsi que les prix d’achat par EDF, il est possible de faire des business plans sur le long terme, a développé Pascal Marchetti, directeur général de la Banque populaire des Alpes. Pour cela, il faut des fonds patients, et c’est là tout l’intérêt des partenariats publics-privés avec des banques coopératives. » Oser compte dans ses tuyaux une dizaine de projets hydrauliques, photovoltaïques, éoliens, de biomasse et de méthanisation. Toujours en Rhône-Alpes, le pays voironnais et la Banque populaire des Alpes ont développé une démarche de prêts collectifs à des syndics de copropriétés pour la rénovation des immeubles, dans le cadre du fonds Elena, offrant à la fois une garantie publique et la possibilité d’avoir recours aux certificats d’économies d’énergie.

Un peu plus à l’ouest de la France, le Pacte électrique breton et la précarité énergétique répandue sur le territoire (135 000 personnes en difficulté pour financer leur énergie sur la région), ont poussé la Caisse d’épargne Bretagne Pays de Loire à la réflexion. Un guichet unique a été mis en place à Saint-Brieuc pour proposer aux ménages accompagnement, diagnostic, information et aide à la rénovation.

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Lire la suite dans Energie Plus 544 du 15 avril 2015
 

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