La gazéification de la biomasse toujours au stade des promesses

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La gazéification de la biomasse est un procédé ancien et globalement maîtrisé. Pourtant, malgré son fort potentiel, cette technique peine à dépasser le stade de l’expérimentation à cause de problèmes récurrents. Difficultés techniques, coûts de production élevés, prix du gaz bas et réglementations non adaptées freinent son essor. Seuls quelques projets émergent, notamment en Scandinavie.

L’histoire des technologies réserve parfois bien des surprises. Un jour à la pointe, puis oubliées au gré de l’apparition de techniques plus modernes, elles peuvent parfois tenter des retours inattendus. Le (timide) renouveau de la gazéification est emblématique. Ce procédé fut mis au point dès 1798 par Philippe Lebon. Au cours du XIXe siècle, il a été amélioré, devenant au début du XXe indispensable dans les grandes villes. De Londres à Paris, le gaz synthétique issu du charbon minéral sert à éclairer les rues, puis à alimenter les foyers ou les entreprises. En 1921 apparaît le premier gazogène au bois développé par Georges Imbert. Des usines à gaz pullulent en France jusqu’aux années soixante. Fonctionnant au charbon et jugées trop polluantes, elles sont progressivement démantelées et l’alimentation des villes est peu à peu assurée par le gaz naturel.

Pourtant, la gazéification, souvent jugée désuète, tient peut-être sa revanche. Les défenseurs de cette technique la voient comme une alternative possible au gaz fossile. Longtemps pénalisée par l’image de l’usine à gaz alimentant des réverbères, elle est désormais associée à des concepts modernes comme le gaz vert, le biométhane de deuxième génération (BioSNG) ou la transition énergétique. Pourtant, les technologies de production de BioSNG ne permettent pas d’établir un coût de production compétitif : «Les principaux experts du secteur s’accordent à dire que, même à terme, dans une phase de commercialisation importante, le prix du bioSNG sera très vraisemblablement sensiblement supérieur à celui du gaz naturel», affirme Alcimed dans une note parue en 2013. Sa production nécessite en effet quatre étapes compliquées à mettre en œuvre.

Tout commence par le séchage de la biomasse à des températures comprises entre 100 °C et 160 °C. Cette étape produit de la vapeur d’eau. Puis, il faut augmenter progressivement la chaleur entre 120 °C et 600 °C : c’est la pyrolyse. Elle se déroule sans oxygène, entraînant la décomposition de la matière séchée et l’association entre eux des atomes de carbone. Dans le gazéifieur, sont présents du carbone réducteur (coke ou résidus de carbone), du gaz de pyrolyse (principalement CO et CH4), des goudrons et des matières volatiles. À ce stade, l’oxygène est introduit dans l’installation à des températures comprises entre 1 200°C et 1 500°C...

Lire la suite dans Energie Plus 570 du 15 juillet 2016

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