Le photovoltaïque français entre ombre et lumière

Supports de conférences biogaz et méthanisation

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Précurseur dans le domaine du photovoltaïque, la France a perdu beaucoup de terrain depuis les années 2000. Les entreprises souffrent, surtout les équipementiers. Malgré une concurrence très difficile, l’Hexagone garde tout de même certains atouts, en particulier en termes de recherche et développement. Pour faire repartir la filière, en plein essor partout dans le monde, les professionnels demandent des efforts aux autorités.

Le photovoltaïque hexagonal se cherche toujours. «Même si la filière PV française compte à la fois des acteurs actifs depuis une dizaine d’années et des entreprises très compétitives sur certains segments, elle est aujourd’hui globalement en difficulté face aux à-coups du marché domestique et à une compétition internationale intense», affirme l’Ademe dans son rapport “Filière photovoltaïque française : bilan, perspectives et stratégie”*. Pourtant, le pays fut pionnier en la matière. C’est en 1839, en France, qu’Antoine Becquerel et son fils Alexandre Edmond découvrirent le principe de l'effet photoélectrique. Bien plus tard, avec Photowatt, la France a été leader de la fabrication de modules jusqu’au milieu des années 80 dans un marché encore balbutiant. Cet acteur historique, passé sous le giron d’EDF en 2012 (et désormais baptisé EDF ENR PWT), est à présent le seul fabricant de cellules photovoltaïques national avec Irysolar. Les capacités de production en cellules et modules des industriels français sont de 800 MW en 2014 : cela représente moins de 2 % du marché mondial, dominé très largement par la Chine.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), 58 % des cellules et 65 % des modules produits dans le monde sortent des usines de l’Empire du Milieu. Pour contrer cette hégémonie, les autorités européennes ont d’abord mis en place des taxes antidumping sur les modèles chinois avant de les remplacer par un prix plancher en août 2013. Ce minimum import price (MIP) a donné un peu d’oxygène aux constructeurs du Vieux Continent. Mais il disparaitra dès 2017 sans que les acteurs de la filière sachent par quoi, ou non, il sera remplacé. Quoi qu’il en soit, le secteur reste en crise alors que les différences de coût avec le géant chinois s’estompent peu à peu. Ces difficultés ne sont pourtant pas exclusives à l’Hexagone : Yingli Green Energy, le premier fabricant mondial de panneaux, basé à Baoding (Chine), frôle actuellement la banqueroute…

Un tissu industriel fragilisé

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Lire la suite dans ENERGIE PLUS 568 du 15 juin 2016

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