L’Irlande opère une transition énergétique à grande vitesse

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Longtemps gros consommateur et importateur d’énergies fossiles, le pays a décidé dans les années 2000 de modifier fortement son mix énergétique d’ici à 2020. L’efficacité énergétique est aussi devenue un objectif prioritaire. Les résultats sont au rendez-vous.

L’Irlande a été l’un des pays européens les plus touchés par la crise économique de la fin des années 2000 : son PIB a chuté de 7,6 % en 2009 (après -3 % en 2008) et son taux de chômage a triplé en deux ans, passant de 5 à 15 % (il n’a guère baissé depuis). Cette crise brutale, sans précédent depuis les années 1930, a entraîné une chute de la consommation d’énergie et des émissions de CO2 : environ -10 % chacune en 2009. À la clé : une baisse de la facture énergétique pour ce pays qui a toujours été très dépendant des importations d’hydrocarbures, y compris pour la production d’électricité. Toutefois, lorsque la reprise a pointé son nez, le poids des importations représentait un handicap pour l’économie irlandaise, si bien que les pouvoirs publics ont décidé d’accélérer la transition énergétique entamée avant la crise. Premier objectif : basculer d’un mix pétrole/charbon vers un mix gaz/énergies renouvelables. Deuxième cible, qui va de pair avec la précédente : réduire franchement les émissions de CO2.
L’Irlande a ainsi décidé d’atteindre les 40 % d’EnR dans la production d’électricité d’ici à 2020, l’un des objectifs les plus ambitieux au monde. Enfin, il est prévu de réduire la consommation d’énergie de 20 % en 2020, par rapport à la période 2001-2005. Cet objectif s’accompagne d’un objectif de -33 % de consommation d’énergie dans le secteur public, qui devra avoir un rôle exemplaire dans ce domaine.

La métamorphose du mix énergétique
En matière de transition énergétique, les marges de progression sont importantes. En 2010, le pétrole assurait toujours 48 % des besoins en énergie primaire du pays, suivi par le gaz (33 %), le charbon (9 %) et la tourbe (6 % – produite en Irlande). Les renouvelables occupaient une place négligeable : 4 % seulement. La quasi-totalité de l’énergie est importée. Rappelons au passage que l’énergie nucléaire est inexistante en Irlande, un cas très rare en Europe. Depuis le milieu des années 2000, le bouquet énergétique irlandais a commencé à changer : la part relative du pétrole et du charbon a baissé, au profit du gaz (62 % de la production d’électricité) et des EnR. Par secteurs de consommation, on constate une répartition quasi-parfaite (1/3 chacun) entre l’électricité, le thermique et les transports (environ 5 Mtep/an chacun en 2009). En 20 ans, cette répartition a beaucoup changé : la consommation des transports a été multipliée par 150 %, tandis que l’électricité progressait de 54 %, et le thermique de 19 %. Bien que les besoins en énergie du secteur de l’électricité soient modérés, c’est toutefois sur ce segment qu’une bonne partie des efforts sont menés (pour réduire la consommation), car c’est là que les marges de manœuvre sont les plus fortes.

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Lire la suite dans Energie Plus n°519 du 15 janvier 2014
 

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