Edito : La baisse du prix du pétrole, inquiétant ?

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Edito du rédacteur en chef : la baisse du prix du pétrole, inquiétant ?

La moyenne des prix mensuels du baril de Brent, après avoir culminé à presque 85 euros en septembre 2013 (renouant ainsi avec les points hauts de 2012 et début 2013), a ensuite traversé un plateau de 6 mois entre 80 et 78 euros, subi un soubresaut à plus de 82 euros en juin dernier, puis entamé une descente pour arriver à 63 euros le mois dernier. Cette baisse provient d’un côté du pétrole de schiste extrait des sous-sols américains et autoconsommé aux Etats-Unis, réduisant ainsi la pression sur la demande mondiale déjà en berne ; et d’un autre côté du maintien à un haut niveau par l’Opep de sa production (30,6 millions de barils par jour), confirmé le 27 novembre 2014 et poussant le prix encore plus bas*. On aurait pu croire que, voulant maximiser sa rente, l’Opep aurait réduit la voilure pour maintenir des prix assez élevés. Mais les considérations géopolitiques entrent en jeu : selon les observateurs, l’Arabie Saoudite voit d’un mauvais œil la perte d’une partie du marché américain et préférerait avoir moins de recettes pendant deux ou trois ans, le temps d’étouffer les producteurs de pétrole de schiste chez l’Oncle Sam. Voire même de gêner la Russie et l’Iran. Il n’est pas sûr pourtant que l’Arabie Saoudite arrive à ses fins, tout en prenant le risque d’handicaper son économie et surtout celles des autres pays producteurs (membres de l’Opep ou non) qui ont moins de marges de manœuvre.

Que penser de cette guerre stérile des pays drogués aux pétro-dollars où chacun essaye de produire le plus possible de pétrole en espérant que les autres vont laisser tomber l’éponge ? Elle va inonder le marché d’un surplus de barils et faire croire à certains que le pétrole est durablement de retour. Mais à un moment, le marché va se réajuster à la hausse. Dans six mois, dans deux ans ? Peu importe. L’avantage que nous devons en tirer est que la facture énergétique va temporairement baisser, aidant à la reprise économique. Parallèlement, maintenons la volonté forte d’une voie plus durable et finançons-la ! A l’image d’un énergéticien (E.On) qui a courageusement et radicalement annoncé qu’il recentre son activité sur les énergies renouvelables, la France et ses acteurs économiques doivent mettre en œuvre rapidement la transition énergétique et ne pas céder aux sirènes d’un pétrole bon marché.
Continuez cette réflexion (et donnez-nous votre avis) durant les fêtes de fin d’année que l’équipe de rédaction d’Energie Plus vous souhaite joyeuses. Rendez-vous dans le prochain numéro du 15 janvier.

* 58 euros / baril le 3 décembre quand j’écris ces lignes.

Edito paru dans Energie Plus n°537 du 15 décembre 2014
 

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