Mettre encore plus d’énergie dans la lutte contre la précarité énergétique

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Touchant désormais 11,5 millions de personnes, la précarité énergétique continue de progresser. Pouvoirs publics, chercheurs, énergéticiens, associations caritatives et organismes spécialistes des domaines de l’énergie et de l’habitat multiplient les dispositifs et pistes de réflexions pour contrecarrer le phénomène.

Un français sur cinq est touché par la précarité énergétique : ce chiffre, qui résulte du premier rapport dressé par l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) (1) en septembre dernier, et amplement relayé par les médias, n’aura échappé à personne. La précarité énergétique s’accroit, et prend aujourd’hui de multiples visages. C’est pour coller le mieux possible à ces nouvelles réalités que l’ONPE a choisi de baser ses travaux d’observation et de suivi des données relatives à la précarité énergétique sur trois indicateurs distincts et complémentaires : l’effort financier, via un indicateur monétaire (soit le taux d’effort énergétique, indicateur classiquement retenu pour déterminer une situation de précarité (2)), le ressenti de l’inconfort via un indicateur subjectif, et l’existence d’un comportement de restriction via la différence entre les dépenses réelles et les dépenses théoriques du ménage en énergie. Isolde Devalière, sociologue au CSTB et membre du groupement retenu par l’ONPE pour réaliser l’étude, illustre ces approches : « Le taux d’effort énergétique concerne davantage des personnes âgées, propriétaires occupants ayant des bas revenus en milieu rural. Le ressenti du froid englobe pour sa part des locataires, un peu moins âgés que le premiers, dans des logements des années 50-70 en agglomération. Enfin, le troisième indicateur, intitulé BRDE (bas revenus-dépenses élevées) désigne des ménages en privation, qui basculeraient dans la pauvreté s’ils chauffaient leur logement à un niveau de confort normatif à 19°C. »

Du regroupement de ces trois publics, auquel ont été soustraits les doubles comptes, l’ONPE a évalué la proportion de ménages français en situation de précarité énergétique à 1/5e de la population. « Parmi ces foyers, il y a donc des situations avérées, et des situations potentiellement à risques », résume Isolde Devalière. On peut s’attendre à ce que ces chiffres aient évolué à la hausse à l’heure actuelle, notamment par rapport aux prix des énergies, puisque ces observations sont basées sur des chiffres datant au plus tard de 2006 (ils sont tirés notamment de l’Enquête nationale logement et de l’Enquête budget de famille de l’Insee). Les résultats des moutures 2013 de ces deux études, ainsi que les résultats de l’enquête Phébus (3) sont très attendus par l’Observatoire, et permettront de croiser des données sur les occupants, les logements, les consommations, les enveloppes thermiques des bâtiments, etc. « Le CSTB exploitera les données de Phébus. Nous avons déjà commencé à travailler sur l’indicateur du ressenti de l’inconfort, la suite devrait arriver début 2015, prévoit Isolde Devalière. Pour le paramètre froid nous enregistrons déjà 4 points de plus en 2013 qu’en 2006. Le phénomène s’est très largement accentué, et on peut imaginer que sur l’indicateur économique nous aurons une progression au moins égale, sinon plus importante. »
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Lire la suite dans Energie Plus 537 du 15 décembre 2014


 

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