Bilan Carbone : mesurez vos émissions significatives !

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Faire son bilan carbone complet : la démarche a du mal à s’instaurer dans le tissu économique français. Même l’obligation réglementaire est encore ignorée de plus de la moitié des entités obligées. Pourtant, l’identification des émissions significatives permet d’engager des actions de réduction importantes.

À l’heure où de nombreux investisseurs internationaux choisissent de se désengager des énergies fossiles, spécialement le charbon ; à l’heure où la notation extra-financière prend de plus en plus en compte l’empreinte carbone (1), comment les entreprises françaises envisagent-elles leur propre bilan carbone ? Comment évaluent-elles leurs émissions directes et indirectes ? Et, en fait, les estiment-elles vraiment ?
Difficile de répondre à cette question puisqu’il n’y a pas de comptabilité globale au niveau national. Mais on peut tout de même s’en faire une idée à travers la vision que les professionnels ont de leur marché et encore plus spécifiquement grâce à l’évaluation que l’Ademe réalise auprès des entreprises et entités publiques obligées par la loi de faire un bilan d’émissions de gaz à effet de serre (Beges).
L’Association Bilan Carbone (ABC) a justement publié très récemment une enquête “flash” réalisée auprès de ses membres (consultants, experts adhérents de l’association ou licenciés de la marque Bilan Carbone®). L’échantillon (37 répondants sur 151 enquêtés) n’est pas très significatif mais indique quand même plusieurs tendances (2). Tout d’abord, 70 % d’entre eux sont concernés par le marché de la contrainte réglementaire, en majorité dans les établissements publics et ensuite dans les entreprises.

On voit donc que les démarches volontaires sont moins recherchées (30 %) : le coût plus élevé d’un bilan carbone complet (15 jours de travail facturés en moyenne par les répondants à cette enquête) par rapport à un Beges (5 jours facturés en moyenne) explique certainement cette faiblesse. Le travail plus important nécessaire à un bilan complet tient au fait qu’il va englober les trois scopes d’émissions de GES alors que le bilan réglementaire n’oblige qu’à calculer les deux premiers (voir l’encadré “Repères”). Point positif tout de même dans cette enquête “flash” : 35 % des 235 Beges réalisés par les répondants ont pris en compte le scope 3 de manière volontaire, totalement ou partiellement. Et plus de la moitié des Beges ont débouché sur un plan d’actions. Mais ces maigres consolations n’empêchent pas le constat d’une faible dynamique sur les bilans carbone. Seulement 12 % des sondés trouvent que le marché est en progression quand 47 % le perçoivent comme stagnant et 41 % en régression. De plus, les situations sont très hétérogènes sur le marché du conseil avec des sociétés réalisant très peu et d’autres beaucoup de diagnostics.

  • Bilan préoccupant pour le Beges obligatoire

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Lire la suite dans Energie Plus 583 du 1er avril 2017

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