2015, année de vérité pour le biogaz

Supports de conférences biogaz et méthanisation

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Sur un tempo trop lent pour atteindre les objectifs 2020, la méthanisation voit son avenir de manière incertaine dans le cadre plus général de réflexions sur le soutien aux énergies renouvelables. Le virage vers un plus fort développement ne doit pas être raté.

À l’image d’un jeune coureur de fond qui aurait quelques crampes, la filière biogaz examine son état pour savoir si elle va atteindre la ligne d’arrivée. Le plan Emaa (Énergie méthanisation autonomie azote) des ministères en charge de l’Énergie et de l’Agriculture vise la mise en service de 1 000 méthaniseurs (400 MWe) alimentés principalement à partir de ressources agricoles en 2020. Il reste six ans et pour y arriver, il faudrait installer environ 80 unités en moyenne par an. Mais aujourd’hui, on dépasse à peine 50 nouvelles unités par an. Si le rythme de la course en reste là, on atteindra tout juste la moitié de l’objectif !

Du côté des stations d’épuration (Step) et des décharges (ISDND), le biogaz est un produit fatal du traitement des eaux usées et des déchets qu’il “suffit” de capter. Une dynamique s’est engagée depuis longtemps pour cogénérer le biogaz des ISDND mais il reste à mobiliser plus les Step et voir dans quelle mesure certains sites peuvent se tourner vers l’injection du biométhane dans le réseau de gaz naturel. Cependant, c’est bien la filière méthanisation agricole qui capte l’attention pour assurer la réussite du biogaz. Déjà l’an dernier, le Livre blanc et l’étude de rentabilité des installations du Club Biogaz de l’ATEE montraient que certains aspects de la réglementation et du soutien économique à la filière devaient changer pour de meilleurs résultats. Les retours d’expérience analysés par l’Ademe dans deux études pointaient également les zones de vigilance à avoir dans l’exploitation des sites pour éviter tout problème (voir le dossier dans Énergie Plus n°527).

«Malgré quelques signes avant-coureurs, ce n’est seulement qu’après la fin 2014 qu’un ensemble de retours simultanés des différents acteurs de la filière a alerté le ministère sur le ralentissement des projets de méthanisation, indique Antoine Jacob, président du Club Biogaz de l’ATEE. Que ce soit du côté des petites méthanisations agricoles comme a pu le signaler l’AAMF ou bien des gros projets de méthanisations collectives, tous font état de la non-atteinte des objectifs globaux de la filière.» Un constat d’expérience, Antoine Jacob étant aussi responsable du développement des projets de méthanisation territoriale chez Idex (voir encadré). La filière a donc lancé un état des lieux début 2015, toujours en cours. Il s’agit d’avoir une base commune d’analyse de la situation afin d’en tirer les conséquences pour assurer un réel développement des projets dans des conditions économiques satisfaisantes et pérennes. Les réflexions étant en cours sur la programmation pluriannuelle de l’énergie, l’audit doit venir la nourrir suffisamment rapidement.

Bien déterminer les futures conditions de valorisation

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Lire la suite dans Energie Plus 548 du 15 juin 2015

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