Édito : imaginer le futur pour éviter le pire

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Édito du rédacteur en chef : imaginer le futur pour éviter le pire... On reproche parfois aux scientifiques leur message alarmiste sur les conséquences du changement climatique. Celui-ci serait culpabilisant et entraînerait plus de paralysie que de motivation à agir, face à l’ampleur des modifications à apporter à nos trains de vie. Les derniers rapports sortis dans le cadre de la COP 23 (voir Énergie Plus n° 596) n’ont en effet rien de rassurant et nous laissent face à une sorte d’impuissance individuelle. L’intérêt du collectif est d’arriver à sortir de cette inertie pour trouver et mettre en œuvre des solutions, comme beaucoup de gens le font d’ailleurs déjà.

En cela, la force évocatrice de l’image de l’avenir peut aider à mobiliser les consciences, spécialement si on explique bien les alternatives possibles. Un travail de ce type a été réalisé récemment par Christian de Perthuis, directeur de la Chaire économie du climat (1). Il a imaginé trois scénarios très simples – mais réalistes  – sur le niveau et la nature de la consommation d’énergies fossiles en 2050. Ce cliché est complété par une vision des climats aux horizons de 2085 et 2120. Impossible d’être précis à cette distance temporelle mais il s’agit surtout de montrer que les choix d’aujourd’hui façonnent le monde énergétique de demain et les conditions climatiques d’après-demain. D’une situation de statu quo engendrant le pire (scénario rouge), au respect de l’Accord de Paris (scénario bleu), la marche semble déjà importante. Mais Christian de Perthuis montre que c’est le choix de la sobriété (scénario vert), qui permet de limiter les dégâts, en réduisant la consommation d’énergie moyenne mondiale par personne à 1,2 tep en 2050 contre 1,86 actuellement (et 1,55 en 1973). «Pour viser la bonne couleur, la transition bas-carbone doit court-circuiter les cycles d’exploitation de la ressource fossile», précise l’économiste.

Dès aujourd’hui, l’accélération des politiques de transition est nécessaire. Parmi elles, le dispositif des Certificats d’économies d’énergie connaît en France un nouvel élan, comme vous le verrez dans le hors-série accompagnant ce numéro, édité spécialement lors des Journées techniques de l’Ademe sur les CEE. Dispositif critiquable, encore récemment critiqué pour des fraudes et malfaçons, il n’en reste pas moins le plus avancé en Europe. Ne le tuons pas avant qu’il ne déploie toutes ses possibilités.

(1) https://theconversation.com/cop23-quel-climat-preparons-nous-pour-demain....

L’équipe de la rédaction vous souhaite de joyeuses fêtes de fin d’année. Nous nous retrouvons avec le numéro du 15 janvier.

 


 

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