NégaWatt analyse d'autres scénarios que le sien

Supports de conférences biogaz et méthanisation

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La transition énergétique telle qu'elle est prônée dans le scénario négaWatt est-elle en phase avec ce qui se fait ailleurs (et de mieux) en Europe ? L'association de spécialistes de l'énergie vient de répondre par l'affirmative grâce à une étude qu'elle a menée récemment.

En l'occurrence, négaWatt est engagé dans une recherche, avec le soutien de la Caisse des dépôts, "dont l'objectif final est d'analyser à l'échelle territoriale les politiques de transition énergétique menées et projetées dans une sélection de régions européennes, en vue d'en identifier les ressorts et notamment de préciser les priorités d'investissement correspondantes". La première phase de ces travaux portait sur les contextes nationaux de ces politiques : elle s'est achevée et permet d'en montrer les similitudes et différences.

Les scénarios de quatre pays ont été retenus : Danemark, Autriche, Allemagne et Suisse. Tous ont des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, entre 75% et 90%. Afin de les atteindre, ils utilisent deux leviers : la réduction de la consommation d'énergie et le développement des énergies renouvelables. Leur approche volontariste commune sur la maîtrise de la demande d'énergie se traduit par des baisses de 40% à 50% de la consommation d'énergie finale à l'horizon 2050. Les efforts portent en priorité sur la rénovation thermique des parcs résidentiels et tertiaire, et sur l'amélioration de l'efficacité des véhicules. Les efforts de sobriété énergétique sont intégrés de façon plus contrastée selon les scénarios. A partir de cette base "efficacité + sobriété", le développement des EnR est prévu en substitution des énergies actuellement dominantes et non pas en addition. La forte proportion requise pour chacune des EnR (hydraulique, biomasse solide, biogaz, éolien, solaire photovoltaïque) dépend des ressources disponibles dans chaque pays et de son historique. Dans tous les scénarios, 75% à 100% des besoins d'énergie en 2050 sont couverts par les EnR, ce qui correspond à 30%-50% des besoins énergétiques actuels.

Rien d'impossible, donc. D'autant plus que des pays comme l'Autriche et le Danemark sont en avance sur leurs engagements européens à 2020 pour les EnR et en phase avec ceux de long terme. L'Allemagne est en bonne voie pour 2020 mais en retard pour l'horizon plus lointain. A l'inverse, la France risque de n'atteindre aucun de ses engagements sur les EnR alors que, paradoxalement, elle est la seule avec le Danemark à voir une inflexion de sa consommation d'énergie.

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