Edito : Des arguments pour fixer 40 % d’efficacité énergétique en 2030

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Le JRC (Joint Research Centre) de la Commission européenne a produit plusieurs analyses ces derniers mois sur le thème de l’efficacité énergétique (EE). Et pour cause. Les objectifs de l’UE dans ce domaine doivent être révisés dans le cadre de l’Union de l’énergie et la directive Efficacité énergétique va également être revue. Le JRC a par exemple publié un rapport sur la façon dont les économies d’énergie sont calculées au regard de l’article 7 de la directive. Un point essentiel pour être sûr que tous les pays comprennent bien la même chose, par exemple sur le concept d’additionnalité des actions. En l’occurrence, le JRC constate qu’il faut éclaircir des points pour que tout le monde soit sur la même longueur d’onde…

La mise en œuvre d’autres parties de la directive est aussi analysée, comme celle de l’article 4 sur les stratégies des États membres pour la rénovation des bâtiments, ou de l’article 8 sur les audits énergétiques et les systèmes de management de l’énergie*.

Derrière ces études à répétition, un enjeu : celui de la hausse des objectifs de l’Union. Il n’est déjà pas certain que l’Europe arrive à tenir celui de 2020 (20 % d’économies d’énergie / EE), d’où une discussion politique qui s’annonce houleuse pour savoir à combien le porter en 2030. Les premières approches de la Commission indiquent un minimum souhaitable de 27 %. Mais beaucoup de voix s’élèvent pour être plus ambitieux en fixant 40 %. Un rapport du JRC réalisé avant la COP21 et intitulé Securing Energy Efficiency to Secure the Energy Union va dans le même sens. Le centre de recherches a réalisé plusieurs scénarios avec des taux de 27 %, 30 % et 40 % d’EE. Les deux premiers permettent d’atteindre une réduction des émissions de CO2 de 40 % par rapport à 1990. Celui à 40 % d’EE fait mieux avec 44 % de réduction d’émissions. Surtout, il conduit à ce que la somme des économies d’énergie et de la production d’énergies renouvelables en 2030 dépasse la totalité des énergies fossiles importées. Faisant gagner l’Union en indépendance, l’efficacité énergétique est source de croissance, d’emploi et de compétitivité rappelle le rapport. Mais elle nécessite d’autant plus d’investissement que l’objectif est élevé : 54 milliards d’euros par an pour atteindre les 30 % et 181 Md€ pour les 40 %. Un moyen d’y arriver sera de créer un cadre pour minimiser les risques de ce genre d’investissement en baissant notamment le coût du capital.

*  Toutes les publications du JRC sont consultables sur http://iet.jrc.ec.europa.eu/energyefficiency/publications/all

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