La petite hydroélectricité au creux de la vague ?

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Le secteur de la petite hydraulique ne fait pas beaucoup parler de lui. Pourtant, son potentiel de développement en France, évalué à 1 000 MW, n’est pas négligeable. D’autant qu’il ne reste plus vraiment de place pour les ouvrages hydroélectriques de grande envergure. Malgré des avancées technologiques récentes, la filière ne connait pas d’essor significatif, en particulier pour des raisons réglementaires, car l’impact de ces constructions sur l’environnement ne fait pas vraiment consensus.

La petite hydroélectricité fait peu parler d’elle. Pourtant, elle a du potentiel. La filière compte actuellement un peu plus de 2 000 unités en exploitation en France pour une puissance installée de 2 GW et une production annuelle moyenne de 7 TWh, soit 10 % de l’ensemble de la production d’origine hydraulique. Ces petites centrales hydroélectriques (PCH) sont plus nombreuses et souvent antérieures aux sites les plus importants et emblématiques de l’hydroélectricité hexagonale, au nombre de 569. Mais qu’est ce que la petite hydraulique ? C’est, en France, une centrale dont la puissance est inférieure à 12 MW. On parle de mini, micro et pico-centrales pour les unités les plus modestes. Ces classifications peuvent beaucoup varier selon les législations nationales. La petite hydraulique, dont la capacité mondiale installée s’élève à 37 GW, peine toujours à se développer.

Des coûts de développement toujours plus importants
Les PCH ont de nombreux avantages, notamment la faiblesse de leurs rejets de Ges et le caractère non intermittent d’une production électrique renouvelable. Cependant, elles subissent aussi quelques inconvénients, économiques, techniques et environnementaux qui freinent leur développement. Elles nécessitent un investissement important au départ : «Hors coûts de développement souvent onéreux, [il] se situe dans une fourchette allant de cinq à dix fois le chiffre d’affaires», estime l’Ademe. «Ainsi l’investissement financier s’amortit le plus souvent sur une durée de 10 à 20 ans.

La lenteur du cycle investissement-amortissement peut être rédhibitoire pour des investisseurs privés si, en contrepartie, une tarification garantie sur le long terme n’est pas offerte», regrette l’Agence. Quant aux études préliminaires obligatoires pour la demande d’autorisation, elles varient entre 10 000 et 30 000. En cas de refus de la part de l’Administration, ce montant est perdu par le porteur du projet. D’autant que les normes environnementales obligent les constructeurs à y implanter des passes à poissons, qui peuvent représenter un investissement important. Si l’on considère qu’il faut approximativement 15 000 € par mètre de dénivellation, le coût de cet équipement peut représenter de 5 à 20 % du coût total d’un aménagement hydroélectrique. Des surcoûts dénoncés par les professionnels du secteur. «Nous avons des inquiétudes sur les exigences environnementales des services de l’État, notamment sur la pertinence des passes à poissons qui sont des installations très chères, et dont le rôle positif sur l’environnement n’est pas réellement établi», explique Anne Pénalba, présidente de France Hydro Électricité.

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Lire la suite dans Energie Plus 541 du 1er mars 2015

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