AAMF : Les agriculteurs ont besoin d’une vraie impulsion

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Entretien avec Francis Claudepierre, Président de l'Association des agriculteurs méthaniseurs de France

Créée en février 2010 par une poignée d’agriculteurs, l’AAMF milite pour que les tarifs et la réglementation sur la méthanisation soit adaptés à l’activité agricole. Avec 180 adhérents aujourd’hui, elle fédère la moitié des méthaniseurs agricoles en France.

Energie Plus : Comment voyez-vous la filière de méthanisation agricole aujourd’hui ?
Francis Claudepierre : J’ai commencé la méthanisation en 2002*. Quinze ans après, on compte environ 400 méthaniseurs agricoles, alors qu’il devrait y en avoir dix à vingt fois plus ! Il y a eu beaucoup de temps perdu. De nombreux agriculteurs seraient encore en activité s’ils avaient eu la possibilité de monter un projet de méthanisation il y a 4 ou 5 ans. Actuellement, le monde agricole a une chance à saisir mais on sort de trois années difficiles (mauvaises conditions climatiques, prix agricoles bas) : les agriculteurs n’ont plus la motivation, le dynamisme et les moyens financiers d’entreprendre un projet de méthanisation. Les conditions techniques, réglementaires et tarifaires n’ont pourtant jamais été aussi bonnes mais ça arrive dix ans trop tard. On y croit toujours, on est tous d’accord pour redynamiser la filière, mais on a besoin de mesures concrètes.

Le groupe de travail lancé par Sébastien Lecornu a-t-il apporté quelque chose de nouveau ?
F. C. : Les agriculteurs ont besoin d’une vraie impulsion pour se lancer. Or c’est l’inverse qui se passe. Il y a eu plein de bonnes intentions dans ce groupe de travail, on nous a écoutés poliment mais en réalité je ne sais pas quoi dire à nos adhérents… C’est très vague, pas de dates, pas de moyens alloués. Que des bonnes paroles ! Par exemple, un complément de revenu pour les petites installations est prévu : combien, à partir de quelle puissance, quand ? On n’en sait rien ! Autre exemple : 100 millions d’euros doivent être débloqués pour la BPI de façon à garantir les prêts. La BPI n’était même pas au courant… Et en couvrant 500 000 euros par projet, cela soutiendrait seulement 200 projets. On n’est pas à la hauteur des enjeux, il en faudrait au moins 10 fois plus.

De plus, l’idée de mélanger les boues de Step avec vos intrants est controversée…

Faut-il privilégier l’injection du biométhane sur la cogénération du biogaz ?

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Où trouver les relais pour développer des projets ?

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Lire la suite dans Energie Plus 607 du 1er juin 2018

 

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