La professionnalisation de la filière biogaz, condition de son financement

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Une installation de méthanisation est plus difficile à financer que d’autres projets de production EnR. La filière biogaz doit multiplier les sources de financements – emprunts, aides et accompagnements financiers – mais aussi rassurer ses investisseurs en poursuivant sa démarche de professionnalisation.

Financer une installation de méthanisation est un enjeu clé pour les porteurs de projets, et convaincre les investisseurs, notamment les établissements bancaires, est le nerf de la guerre. Plusieurs spécificités de la production de biogaz confèrent aux projets d’unités une complexité qui n’existe pas dans des projets éoliens et photovoltaïques. «Les niveaux de rentabilité historiques sont assez variables, et une grande partie du coût n’est pas forcément lié à l’investissement mais lié à l’approvisionnement en matière pour faire fonctionner l’exploitation», constate Alexandre Boucher, directeur du cabinet E-Cube (1). Plus précisément, un projet d’unité de méthanisation comporte des risques en amont et des risques liés à l’exploitation. «En amont, ces risques sont industriels, portant sur le plan d’approvisionnement, le productible, la gestion des digestats, l’exploitation des process, développe Marie Verney, juriste du Club Biogaz ATEE. Il existe aussi des risques liés à l’acceptabilité, d’autres à l’exploitation

Face aux banques, pour obtenir un emprunt, et aux autres investisseurs (Ademe, collectivités locales, fonds d’investissements locaux, sociétés de capital-risque, etc.), il est donc indispensable de présenter un dossier de financement solide, d’identifier et d’anticiper les risques, de s’entourer de garanties et d’assurances. «Les établissements bancaires demandent des références sur lesquelles s’appuyer, complète Marie Verney. Il faut structurer la filière biogaz, avec des démarches de professionnalisation qui assurent la qualité et la réduction des risques sur les projets.» En effet, certaines mauvaises expériences il y a quelques années ont pu échauder les financeurs. Alexandre Boucher rappelle que «la filière s’est développée alors qu’il y avait peu d’industriels équipementiers en France. Il y a eu des incidents d’exploitation qui ont fait chuter la rentabilité des actifs. Mais aujourd’hui les acteurs du biogaz sont plus avisés et mobilisés.»

  • Compenser la baisse des subventions

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Lire la suite dans Energie Plus 607 du 1er juin 2018

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