Les bâtiments biosourcés prennent de l’ampleur

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Problématique émergente, l’énergie grise des bâtiments pousse au développement des constructions et réhabilitation en matériaux biosourcés, comme le bois et ses dérivés. Un levier de réduction de l’impact environnemental du secteur très énergivore qu’est le bâtiment, qui prend place dans un paysage plus large de gestion des ressources et d’aménagement des territoires.

La réalisation ou la réhabilitation des bâtiments en basse consommation est aujourd’hui une thématique maitrisée et professionnalisée en plus d’être une priorité puisque le secteur du bâtiment est le plus énergivore en France, devant ceux de l’industrie et du transport. Pour aller encore plus loin dans la réduction des consommations énergétiques liées aux bâtiments, il faut désormais s’intéresser à la diminution des consommations liées à leur construction et à leur déconstruction qui, ainsi que le souligne Madeleine Noeuvéglise, chef de projet Architecte, Aménagement et construction durables de l’Arène Île de France, «prend de plus en plus d’importance dans le bilan global énergétique sur toute la durée de vie». L’enjeu est en fait de limiter l’énergie grise des bâtiments, celle qui ne se voit pas, mais existe dans la construction. «L’énergie grise d’un matériau est celle qui est dépensée pendant tout son cycle de vie, en incluant la production, le transport, la mise en œuvre, la maintenance, la démolition, le traitement en fin de vie, le traitement des déchets et le recyclage», expose Madeleine Noeuvéglise. À l’échelle du bâtiment il s’agit de l’ensemble de l’énergie grise des matériaux et des équipements à laquelle s’ajoute l’énergie nécessaire au déplacement de ces matériaux et équipements entre l’usine et le chantier, la consommation d’énergie du chantier, les énergies grises liées au renouvellement des matériaux et équipements qui ont une durée de vie inférieure à celle du bâtiment, l’énergie nécessaire à la déconstruction de l’ouvrage.

C’est ainsi que prennent place les atouts des matériaux biosourcés, c’est-à-dire le bois et ses dérivés – chanvre, paille – mais également plume, laine, etc., utilisés dans le bâtiment comme isolants, mortiers, bétons, panneaux. «Le choix de ces matériaux est conduit par la volonté de réduire l’énergie grise, mais également par le souci des impacts environnementaux et sociaux. La question du bien-être et de la santé est déterminante aujourd’hui», relève Madeleine Noeuvéglise. La qualité de l’architecture, sa forme pour limiter la quantité de matériaux nécessaires et le choix des principes de mise en œuvre à faible énergie grise sont des paramètres qui entrent également en considération dans l’élaboration de ces projets de construction : «L’analyse du cycle de vie est l’approche la plus complète pour déterminer l’énergie grise qui sera liée au matériau, afin d’éviter que le choix d’un paramètre ne transfère l’impact sur un autre. Par exemple l’énergie dépensée pour la mise en œuvre d’un matériau peut varier de l’un à l’autre.»

  • La gestion de la ressource en amont

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  • Les territoires peuvent agir

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Lire la suite dans Energie Plius 572 du 1er octobre 2016

 

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