Économie circulaire : créer de la valeur autrement

Supports de conférences biogaz et méthanisation

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En s’inspirant du fonctionnement des écosystèmes naturels, l’économie circulaire démontre que l’efficience de l’utilisation des ressources est nécessaire pour répondre aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux qui se profilent devant nous. Elle prend forme en France, poussée par la volonté des acteurs territoriaux, industriels, politiques, dans divers champs de production et de consommation.

Extraire/Produire/Consommer/Jeter : ce modèle de développement a permis aux sociétés depuis la révolution industrielle d’accéder au confort matériel dans lequel elles évoluent aujourd’hui. Mais ce schéma linéaire repose sur des ressources naturelles abondantes, dont la consommation intensive dépasse désormais largement la biocapacité* de la Terre. Il faut donc changer de modèle de production/consommation, si l’on veut être capable de répondre aux défis de l’environnement, mais aussi à celui de l’augmentation de la population mondiale et à celui de l’emploi. L’économie circulaire, en opposition à l’économie dite linéaire, s’impose progressivement dans les esprits, les textes et les initiatives : réduire, récupérer, réparer, réutiliser, recycler les productions. Pour l’Institut de l’économie circulaire, créé en 2013, il s’agit de façon ultime de « passer d’un modèle de réduction d’impact à un modèle de création de valeur, positive sur un plan social, économique et environnemental. »

Comment ? En créant des produits, des services, des modèles d’affaires et des politiques publiques innovantes à l’échelle de la production et de l’offre de biens et services, de la consommation et du comportement des consommateurs, de la gestion des déchets et du recyclage. Ce processus circulaire prend forme avec la mise en œuvre de l’approvisionnement durable, l’éco-conception, l’écologie industrielle et territoriale, l’économie de la fonctionnalité, la consommation responsable, l’allongement de la durée d’usage et le recyclage.

Entrée législative

L’économie circulaire s’apprête à faire son entrée législative avec la loi de transition énergétique, plus spécifiquement sur le plan de la prévention et du recyclage des produits. Un volet dédié à ce concept a été intégré dans le texte actuellement en discussion devant le Parlement, avec des objectifs ambitieux : une réduction de 10 % de la production de déchets en 2020 par rapport à 2010, le recyclage de 65 % des déchets ménagers en 2025 (56 % aujourd’hui), la valorisation sous forme de matière de 70 % des déchets du secteur du bâtiment, et enfin la réduction de 30 % des quantités de déchets en décharge en 2020, et de 50 % en 2025, par rapport à 2010.

Pour y parvenir, le projet de loi contient quelques éléments, comme la collecte séparée des déchets alimentaires, destinés à la méthanisation, une tarification incitative afin que chacun paie l’élimination de ses déchets selon la quantité produite, la mise en place au 1er janvier 2017 d’une filière de récupération des déchets par les distributeurs de matériaux pour les travaux de bâtiments, la lutte contre l’obsolescence programmée, etc. Mais avant même le vote de la loi, la ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, Ségolène Royal, a déjà lancé un appel à projets fin 2014 – “zéro déchet, zéro gaspillage” – à destination des territoires, afin d’accompagner les collectivités volontaires dans une démarche exemplaire et participative de promotion de l’économie circulaire. 58 lauréats ont été désignés sur le programme d’actions qu’ils ont proposé afin d’améliorer la gestion des déchets au quotidien, notamment la communauté urbaine de Bordeaux (33), qui soutient le projet “Mon quartier à alimentation positive” pour lutter contre le gaspillage alimentaire et valoriser les biodéchets en mobilisant les habitants, commerçants et entreprises localement. L’implication des territoires dans une dynamique d’économie circulaire est pour eux une opportunité de croissance et d’emplois, et le ministère, avec l’Ademe et l’Association des régions de France, a publié il y a six mois un guide méthodologique en guide d’outil d’accompagnement : « C’est au niveau local que se noueront des coopérations concrètes entre les acteurs pour mutualiser les ressources, lutter contre les gaspillages et créer de la richesse », avait alors rappelé Ségolène Royal.

L’impulsion territoriale

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Lire la suite dans Energie Plus 546 du 15 mai 2015

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