Observatoire du biométhane : accélération du marché

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Porté par France Biométhane et Sia Partners, le deuxième Observatoire du biométhane vient d’être publié en mars. Il fait état de la montée en puissance de cette filière d’injection du biogaz épuré dans les réseaux de gaz, avec un volume mensuel injecté qui est passé de moins de 5 GWh en janvier 2015 à 25 GWh en décembre 2016.
Le nombre d’unités opérationnelles, à date, est de 29, tandis que le nombre de projets dépasse les 240, pour un volume potentiel de 5 TWh/an. Alors que les installations de méthanisation agricoles sont les plus nombreuses, leur petite taille fait qu’elles injectent beaucoup moins de biométhane (13 GWh/an) que les sites gérant déchets et eau usée (23 GWh/an pour les ISDND, 17 GWh/an pour les STEP et 21 GWh/an pour les déchets urbains). En corollaire, les injections se font majoritairement sur le réseau de distribution de GRDF. Avec sa petite trentaine de sites, la France se place dans le lot moyen des pays européens (25 en Suisse, 26 aux Pays-Bas, 18 en Suède) mais encore loin derrière le Royaume-Uni (80 ) et surtout l’Allemagne (201).

Si actuellement, la majeure partie des intrants utilisés pour produire du biométhane vient des déchets ménagers et boues de STEP, ce sont les déchets du monde agricole qui devraient prendre le relais d’ici 2030. Dans un second temps, la gazéification de la biomasse avec un potentiel de 100 TWh/an en 2020, puis le recours à des microalgues avec un potentiel de 23 TWh/an en 2050 viendront compléter le tableau de la production de biométhane. D’ailleurs, dans une perspective de transition énergétique, l’injection de biométhane – au-delà des objectifs fixés par la PPE de 1,7 TWh en 2018 et de 8 TWh en 2023 – pourrait devenir la valorisation majoritaire du biogaz en France à l’horizon 2050, comme le montrent des scénarios de prospective tels ceux de GRDF, de l’Ademe et de négaWatt. Dans ces projections, le biométhane issu de méthanisation pourrait compter entre 67 à 88 TWh/an et celui tiré de la gazéification de la biomasse entre 69 et 133 TWh/an.

Enfin, l’Observatoire rappelle l’intérêt d’un usage du biométhane carburant, très faible émetteur de gaz à effet de serre et de polluants locaux (particules fines -100 % et monoxyde de carbone -80 % par rapport à un véhicule essence). Le développement des stations GNV devrait aider à porter cette solution pour le transport, alors qu’aujourd’hui on ne compte que 16 stations de GNV offrant du biométhane-carburant.

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