La filière biogaz se prépare au nouveau système de soutien

Supports de conférences biogaz et méthanisation

Rubrique article:

Les objectifs 2020 de la filière biogaz semblent encore bien lointains, surtout pour la chaleur. Pourtant, les acteurs doivent faire avec le nouveau mode de soutien impliquant un complément de rémunération à la valorisation sur les marchés de l’électricité cogénérée. Un défi en soi alors que le gouvernement affiche une forme de préférence pour le biométhane injecté.

Fin 2015, selon les dernières statistiques publiées par le Commissariat général au développement durable (CGEDD), 421 installations ont produit de l’électricité à partir de biogaz en France. Elles cumulent une puissance électrique de 365 MW, alors qu’un an avant c’étaient 361 installations qui étaient raccordées au réseau pour 328 MW. En une année, le pays a donc gagné une soixantaine de sites pour 40 petits nouveaux mégawatts, ce qui est la moyenne depuis 5 ans (1). 22 MW sont issus de la méthanisation, 14 MW des décharges (ISDND) et 4 MW des stations d’épuration (Step). Ce rythme de puissance installée donne la sensation d’être en phase avec l’objectif 2020 de la filière biogaz tel que le CGEDD le reprend du Plan national d’action en faveur des énergies renouvelables. Mais à y regarder de plus près, l’évidence n’est pas de mise.

Exprimés en ktep, les objectifs électricité et chaleur du biogaz en 2020 sont respectivement de 318 et 555. À fin 2014, la trajectoire idéale aurait dû porter les réalisations à 156 ktep d’électricité et 205 ktep de chaleur. Si les électrons n’en étaient pas loin (151 ktep), les thermies n’affichaient qu’une grosse moitié de l’objectif (111 ktep). Par ailleurs, les chiffres de l’Ademe montrent une inflexion du nombre de projets qu’elle a soutenus en 2015. Seulement 88 l’ont été (contre 122 en 2014 et 99 en 2013), alors même que le montant des aides distribuées via les Fonds chaleur et déchets (39,2 M€) était cohérent avec ce que l’Agence avait prévu et quasiment identique à celui de 2014 (39,6 M€). Il en découle que le productible annuel électrique prévisionnel est bien moindre (99 GWh) pour ces 88 futurs sites (s’ils voient bien le jour) que celui des années précédentes (198 GWh en 2014 et 186 GWh en 2013). L’effet est moins fort sur la production thermique (englobant l’injection) estimée à 427 TWh, contre 492 TWh en 2014.

Deux questions se posent alors : (...)

(...)

Lire la suite dans Energie Plus 566 du 15 mai 2016

Tags:

© ATEE-ENERGIE PLUS - tous droits réservés
contenu réservé aux membres de l'ATEE. En savoir plus | Plan du site