Le biométhane en voie d’industrialisation

Supports de conférences biogaz et méthanisation

Rubrique article:

La filière d'injection du biométhane dans les réseaux de gaz naturel a décollé en 2015. L'enjeu pour les deux années à venir sera son industrialisation, afin de réduire les coûts et de sécuriser les recettes. Si chaque projet aura ses spécificités, des modèles économiques émergent peu à peu.

L'année 2015 a vu le raccordement au réseau de gaz naturel, pour y injecter le biométhane qu'elle produit, de la première station d'épuration des eaux usées, celle de Strasbourg, et le premier raccordement au réseau de transport de GRTgaz, avec une unité de traitement des déchets ménagers à Chagny.

Dix-sept sites sont aujourd'hui raccordés sur l'ensemble des réseaux de transport et de distribution, avec une capacité d'injection de 279 GWh/an de biométhane ; plus de deux-cent sont dans la file d'attente. Cela correspondrait à 3 866 GWh/an. Ces chiffres encourageants sont issus du premier panorama du gaz renouvelable, rendu public le 21 avril 2016 par le Syndicat des énergies renouvelables et les gestionnaires de réseaux de gaz français – GRDF, GRTgaz, le SPEGNN et TIGF.

«L'injection est le modèle d'avenir de la filière biogaz : c'est un moyen de stocker l'énergie, contrairement à la cogénération qui produit beaucoup de chaleur qu'il faut consommer tout de suite et localement. C'est un combustible qui permet d'aller sur tous les usages : la chaleur, la production d'électricité, l'alimentation des gazinières, l'eau chaude sanitaire, et même le biogaz véhicule», estime Christophe Mandereau, responsable de l'activité conseil et expertise dans la société d'ingénierie Aristot. Selon lui, l'injection est aussi «un modèle de développement d'un territoire. Ces projets d'économie circulaire réduisent les nuisances liées au trafic routier, l'impact carbone du traitement des déchets, favorisent l'emploi local... Les acteurs locaux y sont sensibles.»

Du côté des exploitants, l'injection séduit. À l'image de la société Vol-V, jusque-là spécialisée dans la production éolienne et photovoltaïque. «Nous avons lancé une vingtaine d'études sur des projets territoriaux de biométhanisation pour l'injection. Dix sont déjà autorisés (autorisation ICPE, plan d'épandage validé, permis de construire), deux sont en construction. Notre ambition...

(...)

Lire la suite dans Energie Plus 566 du 15 mai 2016

© ATEE-ENERGIE PLUS - tous droits réservés
contenu réservé aux membres de l'ATEE. En savoir plus | Plan du site