Édito : quel soutien à la méthanisation après le salon de l’agriculture ?

Supports de conférences biogaz et méthanisation

Rubrique article:

Édito du rédacteur en chef : quel soutien à la méthanisation après le salon de l’agriculture ?
Faire son petit tour au salon de l’Agriculture à Paris, regarder les bêtes et… voir les acteurs de la méthanisation être de plus en plus présents.

L’édition 2018 de l’ex-Concours général agricole a en effet mis l’accent sur cette filière renouvelable, même si d’autres EnR comme l’éolien et le photovoltaïque ont une place non négligeable chez les agriculteurs (voir page suivante). Les acteurs gaziers étaient très présents : GRDF a par exemple profité de l’occasion pour signer un accord avec l’INRA pour capitaliser ensemble connaissances et retours d’expériences sur la méthanisation (valorisation des digestats, impacts environnementaux, cultures intermédiaires, etc.). Encore mieux, le Président Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’ici l’automne d’un fonds de BPI France à hauteur de 100 M€ pour des prêts à la méthanisation dans le cadre du volet agricole du grand plan d’investissement présenté en septembre dernier.

Mis à part cette annonce, la filière biogaz devra attendre encore un peu. Plusieurs idées ont été évoquées lors du groupe de travail Méthanisation organisé par le secrétaire d’État Sébastien Lecornu et présenté lors du Salon, mais rien de concret n’en est encore sorti. Le club Biogaz de l’ATEE attend que la dernière réunion prévue pour ce groupe de travail ait lieu fin mars avant de se prononcer sur la réalité du nouveau cadre que pourraient dessiner les pouvoirs publics. Car, sur la table a été mise la possible suppression du soutien à l’injection biométhane sous forme de tarif d’achat, pour ne passer que par appels d’offres. Alors que cette nouvelle filière commence tout juste d’émerger, ce changement pourrait s’avérer néfaste. Les récentes statistiques publiées par le ministère de la Transition écologique et solidaire (1) montrent bien que le décollage est encore à peine consolidé : de 26 installations fin 2016, on est passé à 44 fin 2017, faisant grimper la capacité maximale de production de 411 à 696 GWh/an. On est encore très loin des 8 000 GWh/an fixés comme objectif pour 2023, même si les projets inscrits en file d’attente pour un raccordement au réseau gazier sont de cet ordre de grandeur. Soumis souvent à des aléas, ces projets ne se feront pas forcément tous, et peut-être encore moins sans tarif d’achat ! Espérons que l’horizon se clarifie rapidement…

(1) Voir sur www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/publications/p/2752/1406/....
 

© ATEE-ENERGIE PLUS - tous droits réservés
contenu réservé aux membres de l'ATEE. En savoir plus | Plan du site