Le passeport pour la rénovation énergétique cherche sa place

Supports de conférences biogaz et méthanisation

Rubrique article:

Expérience P2E a lancé fin 2016, pour une durée initiale de 18 mois, le "passeport efficacité énergétique". Celui-ci vise à accompagner les ménages dans leur projet de rénovation en maîtrisant mieux les enjeux énergétiques prioritaires. Des acteurs de la filière testent actuellement ce nouvel outil. Lors d’une conférence le 8 février dernier, ceux-ci sont venus nombreux à la Caisse des dépôts le découvrir. Des témoignages de passeports se développant dans les autres pays européens lui ont accordé davantage de crédibilité.

D’un côté, il y a les convaincus : le passeport efficacité énergétique est nécessaire aux particuliers qui ont rarement les moyens de se payer un audit énergétique, et de l’autre, les réfractaires : a-t-on besoin d’un outil supplémentaire, une state qui complique davantage les diagnostics en tout genre ? Toujours est-il qu’Expérience P2E, une association focalisée sur la rénovation énergétique à l’initiative de ce projet a rempli et convaincu une salle de professionnels de l’énergie le mois dernier à la Caisse des dépôts.

  • Un passeport plébiscité

Ce passeport concerne la rénovation des maisons des particuliers construites avant 1975. On en dénombre 12 millions dans l’Hexagone et 7 millions en copropriétés. Testés depuis un an et jusqu’à fin mai prochain, cent passeports permettent de tirer un premier bilan. Comment ça marche ?

Il s’agit d’un outil informatique qui propose 33 combinaisons de performance énergétique standardisées dans un bouquet de travaux. Suite à cette feuille de route établie par un professionnel, le particulier fera tous les travaux d’un coup ou par étapes, selon son budget. Mais quel intérêt à payer un passeport alors que l’on peut bénéficier du crédit d’impôt pour la transition énergétique (Cite) ? «Le passeport a vocation à faire se rencontrer tous les outils existants et à créer une logique pour les rendre complémentaires», explique Benoît Montels, fondateur d’Expérience P2E. Le passeport intervient en amont, lors d’une vente par exemple d’un projet de travaux chez des particuliers : «Le passeport répond à la problématique de faire en sorte que toute transaction immobilière ou tout chantier qui débute prenne en compte la rénovation énergétique», précise Benoît Montels. Les professionnels qui l’expérimentent actuellement surenchérissent sur ses avantages. «C’est un outil rapide qui donne une idée des performances énergétiques que l’on peut atteindre. Il comble un manque d’audit sur la maison individuelle, rarement fait car trop cher», témoigne Mathieu Loones, ingénieur environnement chez OCR expertise. C’est aussi l’avis de Véronique Gutton, architecte DPLG spécialisée dans la rénovation énergétique, largement convaincue par son efficacité : «Grâce à la plateforme Expérience P2E qui permet de planifier les travaux dans une cohérence technique parfaite, le passeport détecte les failles du bâtiment, évalue rapidement les coûts en respectant le patrimoine architectural. C’est un outil qui permet d’être efficace en passant deux heures dans le bâtiment». Même son de cloche de la part de Christian Smoglia, responsable commercial dans une entreprise du bâtiment (FCA) : «Il permet de lutter contre la précarité énergétique avec un budget deux fois moins coûteux qu’un audit. C’est un très bon outil dont on fait un compte rendu aux propriétaires.» Un budget moins cher qu’un audit certes, mais dont le coût reste à définir. Les particuliers sont prêts à débourser 100 € mais les professionnels estiment le coût du passeport à 400 €. Il faudrait donc trouver des financements...

(...)

Lire la suite dans Energie Plus 602 du 15 mars 2018

© ATEE-ENERGIE PLUS - tous droits réservés
contenu réservé aux membres de l'ATEE. En savoir plus | Plan du site