L’impact du changement climatique sur les femmes

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Entretien avec Carine Pionetti, anthropologue franco-canadienne, spécialiste des questions de genre Comment le changement climatique impacte-t-il les inégalités de genre ?

Consultante pour le Programme des nations unies pour le développement (PNUD), Carine Pionetti a analysé les résultats d’un projet international qui tient compte du fait que dans les pays en voie de développement, en milieu rural, les femmes sont beaucoup plus impactées par les effets des dérèglements climatiques.
La Facilité pour l’adaptation aux changements climatiques Canada-PNUD (FACC) est l’un des projets d’adaptation pionnier en matière de genre. Six pays y ont participé : Cap Vert, Cambodge, Haïti, Mali, Niger et Soudan.

  • L’étude porte notamment sur les difficultés d’accès à l’eau et au bois pour les femmes qui en ont besoin pour assurer les tâches domestiques. Les hommes ne prennent donc jamais en charge ces tâches ?

Carine Pionetti : On ne peut pas généraliser car cela dépend des pays. Mais bien souvent, la charge nutrition, santé et famille revient aux femmes. Quand les hommes sont présents, ils travaillent aux champs et apportent un revenu permettant de mieux faire face à ces difficultés. Les foyers les plus vulnérables sont ceux dirigés exclusivement par des femmes lorsque les hommes sont partis en migration.

  • Pourquoi prendre en compte le genre est-il important pour résoudre ces problèmes d’accès aux ressources ?

C.P. : Les hommes et les femmes n’ont pas les mêmes besoins face aux ressources. Et il est primordial de comprendre comment fonctionnent les communautés. Chacune est différente. Donner des outils sans chercher à comprendre les paramètres socio-culturels d’une région ou d’une communauté n’a aucune utilité. Il faut utiliser des méthodes participatives, c’est-à-dire s’asseoir avec ces femmes dans leur foyer, voir comment elles travaillent, comment elles gèrent leur journée, le temps qu’elles passent à aller chercher les ressources pour ensuite analyser leurs besoins. L’adaptation doit être pensée en rapport avec le genre. Car hommes et femmes ne demanderont pas les mêmes outils ni les mêmes appuis. Les hommes attendent souvent de l’ingénierie technique tandis que les femmes ont besoin d’outils simples leur permettant de réduire le temps quotidien passé en travail domestique non rémunéré, (voir tableau), qui est conséquent !

  • Quels sont par exemple les outils apportés par ce projet ?

C.P. : Le projet de la FACC au Soudan a démontré qu’il était nécessaire d’alléger le fardeau de la corvée d’eau grâce à la construction d’un puits et la fourniture de fours à gaz butane. Les femmes de la communauté considèrent le four comme le «service le plus essentiel qu’on leur ait apporté». L’usage d’un combustible propre allège la charge de collecte du bois, réduit le temps de cuisson et leur évite de cuisiner dans des feux ouverts à combustion bois très nocifs pour leur santé et celle de leurs enfants. Ce four à gaz a permis de réduire le temps de collecte de bois de 13 % à 3 % et celui de la préparation des repas de 19 % à 6 %. Quant au puits, il réduit le temps passé à aller chercher de l’eau de 13 % à 3 %. Grâce aux heures de travail gagnées, les Soudanaises ont pu prendre le temps d’amener leurs enfants se faire soigner au dispensaire et de participer à la vie publique du village.

  • Un autre exemple d’accès à l’énergie dans ce projet ?

C.P. : ...

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Lire la sauite dans Energie Plus 600 du 15 février 2018

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