Inquiétude autour des ressources en matériaux

Supports de conférences biogaz et méthanisation

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Pour développer les moyens de production bas-carbone, il faut extraire de grandes quantités de matériaux. Ce paramètre, rarement pris en compte dans les scénarios énergétiques prospectifs, pourrait pourtant finir par poser problème si une gestion durable de ces ressources n’est pas mise en place. Un rapport de la Banque Mondiale estime les volumes nécessaires et des chercheurs tentent de les modéliser précisément.

+ 1000 % : c’est la hausse possible de la demande en lithium si le monde souhaite respecter les termes de l’Accord de Paris et circonscrire l’augmentation des températures sous la barre des 2°C en 2100. Ce chiffre émane d’une étude (1) de la Banque mondiale parue l’été dernier qui se base sur les scénarios élaborés par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) : 2DS, 4DS, 6DS, chacun correspondant à une hausse de 2, 4 ou 6°C en fonction des politiques énergétiques mises ou non en œuvre (voir Énergie Plus n°528). L’organisation a évalué les besoins en matériaux nécessaires à l’essor des énergies éoliennes, photovoltaïques et du stockage par batteries. Acier, aluminium, argent, cuivre, plomb, lithium, manganèse, nickel, zinc, mais aussi des terres rares telles que l’indium, le molybdène ou le néodyme verront leur consommation exploser. Une conclusion qui corrobore un rapport (2) du Programme des Nations-Unies pour l’environnement (Pnue), qui considère que les renouvelables consommeraient plus de matières premières au kWh produit pour les infrastructures que les énergies traditionnelles, tout en reconnaissant que ces technologies causeraient des dommages environnementaux trois à dix fois inférieurs à ceux causés par les fossiles. Le passage à une économie sobre en carbone offrirait des opportunités aux pays riches en minéraux, mais créerait des tensions sur la ressource.

  • Des matériaux très demandés

Le besoin de métal ne dépend pas seulement de l’ambition des politiques de décarbonation du secteur de l’énergie, mais aussi des choix faits pour privilégier une technologie plutôt qu’un autre. Car une éolienne et un panneau photovoltaïque n’exigent pas les mêmes matériaux. Et au sein d’un même moyen de production, il y a aussi des variantes. A la différence de celles équipées d’une boîte de vitesses, les éoliennes à entraînement direct nécessitent du plomb et du néodyme. 7000 tonnes de cette terre rare sont actuellement extraites du sol chaque année, principalement en Chine (le pays possède 80 % des gisements), dans des conditions souvent douteuses, voire catastrophiques pour l’environnement. Pour satisfaire la demande en 2050 et rester sous les 2°C, la production de ce puissant aimant devra croître de presque 250 %...

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Lire la suite dans Energie Plus 600 du 15 février 2018

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