COP 21 : accord historique mais peu contraignant

Supports de conférences biogaz et méthanisation

Rubrique article:

Après deux semaines d’intenses tractations, la très attendue COP 21 a accouché le soir du samedi 12 décembre d’un accord universel sur le climat. Il a été adopté par les 195 États participant à la Conférence. Une unanimité obtenue au prix de certains consensus. Si l’objectif des 2°C est entériné, le texte, non contraignant, ne précise pas comment l’atteindre, mais donne un cadre pour permettre aux parties de prendre des initiatives.

Samedi 12 décembre à 21 heures, après treize jours – et nuits – de négociations, François Hollande exulte : «Le monde a écrit avec vous une nouvelle page de son histoire. Nous entrons dans l’ère du bas-carbone», déclarait le président aux 195 délégations présentes au Bourget. Il est vrai que cet accord climatique est le premier à être universellement accepté, même s’il a mis du temps à éclore. C’est une mauvaise habitude. Les COP ont souvent tendance à jouer les prolongations. Initialement, la manifestation devait se conclure la veille. Mais les désaccords étaient trop nombreux pour tenir les délais. Au bout d’une semaine de tractations acharnées, les négociateurs avaient certes élagué le texte, le faisant passer de 54 à 42 pages (sans les annexes). Mais il restait encore 939 parties entre crochets, permettant un large éventail de possibilités pour le texte. Un arsenal complété par une multitude d’options très différentes, ambitieuses ou non. Pour arriver à un document sans crochets et sans options, il a donc fallu cravacher un jour supplémentaire. Le texte se compose de deux parties : l’accord juridiquement contraignant (en annexe), qui doit entrer en vigueur après sa ratification par les parties et la décision. Elle définit les moyens à mettre en œuvre d’ici à 2020 pour assurer son application.

Compte tenu de ces difficultés, l’obtention d’un accord est déjà une victoire diplomatique pour l’organisation française de la Conférence. Car après l’échec cuisant de la COP 15 qui s’était tenue à Copenhague en 2009, les États ne se s’étaient pas bousculés pour organiser cette 21e édition, souvent annoncée comme celle de la dernière chance et qui ne se présentait pas sous les meilleurs hospices. C’est «plutôt un bon accord au regard de ce que l’on pouvait espérer au début de l’année 2015 car il implique tous les pays dans la lutte contre le changement climatique, même si les efforts demandés sont différenciés», se félicite Denis Voisin, chargé de projet énergie, fiscalité et mobilité à la Fondation Nicolas Hulot.

Son contenu suffira-t-il à réellement infléchir la trajectoire des émissions de GES et du réchauffement climatique ? Difficile de le dire. Car s’il comporte de nombreuses avancées, il mise sur la bonne volonté des pays pour respecter leurs engagements et laisse des questions cruciales sans réponses. Probablement le prix à payer pour obtenir l’unanimité. L’accord «permettra à chaque délégation de rentrer chez elle la tête haute, avec des acquis importants», s’est réjouit Laurent Fabius. Révolutionnaire pour les uns, insuffisant pour les autres, le document de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) approuvé à Paris peut-être vu comme une première étape vers un monde sans carbone d’ici la fin du siècle. Dans cette optique, il prend le contrepied de Kyoto. «On est passé dans une logique totalement différente : en 1997, seul le Nord devait réduire ses émissions. À Paris, il est prévu que tous les pays amènent leurs émissions à zéro en 2100», explique Benoit Leguet, directeur général d’I4CE (ex-CDC Climat).

 

- D’immenses ambitions émaillées de contradictions

(...)

- Des omissions pour éviter les blocages

(...)

Lire la suite dans Energie Plus 558 du 15 janvier 2016

© ATEE-ENERGIE PLUS - tous droits réservés
contenu réservé aux membres de l'ATEE. En savoir plus | Plan du site