L’Ademe met le projecteur sur les EnR

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Dans quelles conditions la France peut produire toute son électricité par des sources renouvelables ? Alors qu’elle souhaite prolonger son étude sur le sujet, l’Ademe en a vu le rapport fuiter sur internet. De quoi alimenter le débat, alors que son dernier bilan des marchés et de l’emploi dans les EnR et la maîtrise de l’énergie montrent des taux de croissance significatifs.

C’est ce qu’on appelle l’effet Streisand. Du nom de l’actrice américaine qui avait voulu cacher une photo de sa résidence, ce qui avait attiré l’attention des médias et donné le résultat inverse de ce qu’elle souhaitait. L’Ademe en a récemment fait les frais, voyant médiatiser à outrance le rapport de son étude intitulée Vers un mix électrique 100 % renouvelable en 2050 qu’elle avait souhaité ne pas rendre public tout de suite. À vrai dire, l’Agence a pris un risque : elle pensait initialement présenter les résultats préliminaires de l’étude lors de son colloque sur les EnR des 14 et 15 avril 2015. Annoncée dans le programme, cette présentation avait disparu. Autocensure ? Intervention du ministère ou de la DGEC ? Mécontentement des syndicats hostiles à tout scénario sans nucléaire ? Un peu de tout ça ? Toujours est-il que cette disparition a attiré l’attention, gonflé les interrogations des journalistes pour qu’au final le rapport soit divulgué par Médiapart. Dès lors, la boîte de Pandore était ouverte et presque tout le monde en a parlé, bien plus, a priori, que si le rapport avait été présenté intentionnellement !

Au-delà de l’effet médiatique, que nous dit ce rapport ? Tout d’abord que l’Ademe poursuit sa réflexion sur un fort taux de pénétration des EnR en France, comme elle l’avait fait dans sa Vision 2030-2050. Et pas toute seule dans son coin. L’étude a été financée par elle, réalisée par Artelys, Armines-Persée et Énergies Demain, avec la participation d’un comité scientifique solide, pendant 14 mois. L’Agence est dans son rôle en réalisant une telle étude et il serait évidemment dommage qu’elle ait dû céder à des pressions… d’autant plus, comme l’a précisé son directeur général délégué Fabrice Boissier, que «cette étude a une vocation scientifique et technique pour déterminer quels sont les obstacles à un développement plus fort des énergies renouvelables électriques. Elle n’est pas sensée alimenter les politiques énergétiques en cours de définition. Pour l’instant, notre Vision 2050 avec 55 % d’EnR reste la position prioritaire.» Officiellement, l’Ademe indique que son comité scientifique a soulevé des questions techniques, notamment sur les hypothèses, et que l’étude doit être consolidée. Rendez-vous dans quelques mois pour la nouvelle mouture…

Approche théorique

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Lire la suite dans Energie Plus 545 du 1er mail 2015

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