Edito : Plus de stockage pour moins de nucléaire ?

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Edito du rédacteur en chef : Plus de stockage pour moins de nucléaire ? EDF a annoncé fin mars un plan de développement du stockage électrique. Dans le monde, il compte installer 10 GW de nouvelles capacités d’ici 2035 dont 6 GW pour des services systèmes aux réseaux via des stations de transfert d’énergie par turbinage-pompage (Step) et des grandes batteries, et 4 GW sur le marché des particuliers (1). Ces nouveaux objectifs ambitieux, s’ajoutant aux 5 GW dont EDF dispose déjà, nécessiteront un investissement de 8 milliards d’euros. Le modèle économique de ces solutions de stockage n’a pas été précisé, et EDF a même reconnu que pour l’instant les Step ont du mal à trouver une place vu le faible écart du prix de l’électricité entre le jour (turbinage) et la nuit (pompage). Mais dans tous les cas, à long terme, le stockage semble une solution incontournable pour intégrer une grande part d’EnR dans la production d’électricité, et EDF veut en devenir un leader européen, sans pour autant investir dans un équipementier comme Total l’a fait en acquérant le fabricant de batteries Saft.

Au nom de la neutralité carbone, les pro-nucléaires diront que le mix atome-EnR-stockage est la solution idéale, d’où le souhait d’EDF de maintenir un maximum de centrales nucléaires, voire de construire d’autres EPR en France. Cette position évacue les contraintes intrinsèques du nucléaire (risque d’accident, prolifération, déchets radioactifs) mais ignore aussi un phénomène récemment mis en lumière par les chercheurs du Rocky Mountain Institute (2). Ils ont étudié le système électrique Texan et simulé au pas horaire le déplacement dans le temps des usages électriques (chauffage, climatisation, etc.) sur la courbe de production des sources renouvelables. Ils ont ainsi montré que les EnR prennent plus de valeur si elles sont épaulées par un pilotage de la demande plutôt que par du “back-up” de centrales de production. Autrement dit, une approche systémique “EnR + flexibilité de la demande” est économiquement plus intéressante qu’un couplage “EnR + centrales”. Appliqué à la France, on aurait ainsi : mieux vaut faire des EnR en pilotant la demande (en partie avec du stockage) plutôt qu’en maintenant un trop gros parc nucléaire.

(1)  EDF souhaite aussi aborder le marché africain en proposant des micro-kits solaires / batteries

(2)  Disponible sur https://rmi.org/news/demand-flexibility-can-grow-market-renewable-energy/

Lire la suite dans Energie Plus 604 du 15 avril 2018

 

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